EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

09/12/2016

Le ton monte entre la Turquie et l’Autriche

L'Europe dans le monde

Le ton monte entre la Turquie et l’Autriche

Mevlüt Cavusoglu, et son homologue autrichien, Sebastian Kurz.

Après une série d’affrontements avec Vienne, Ankara a rappelé son ambassadeur en Autriche, afin de « passer en revue » les relations entre les deux pays.

« Nous avons rappelé à Ankara notre ambassadeur à Vienne pour des consultations et pour passer en revue nos relations » avec l’Autriche, a annoncé Mevlut Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères.

Les médias turcs ont récemment annoncé que les autorités autrichiennes avaient autorisé le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, à organiser une manifestation à Vienne.

Le ministre turc des Affaires étrangère a accusé l’Autriche de soutenir le terrorisme. « Malheureusement, nos raisons d’entretenir des liens bilatéraux et une coopération avec l’Autriche ont disparu », a-t-il assuré.

>> Lire : Les purges s’étendent à 50 000 personnes après le putsch avorté en Turquie

Les tensions entre les deux pays ne s’arrêtent pas là. La semaine dernière, le chargé d’affaires autrichien à Ankara avait été convoqué au ministère turc des Affaires étrangères qui avait protesté à propos d’un bandeau d’information diffusé sur des écrans dans l’aéroport de Vienne annonçant que « la Turquie autorise les relations sexuelles avec des enfants de moins de 15 ans ». Cette affaire sur l’âge du consentement en Turquie a aussi fait des remous entre la Turquie et un autre pays de l’UE, la Suède.

Les relations entre la Turquie et l’Autriche se sont aussi récemment tendues lorsqu’Ankara a accusé Vienne de « racisme radical », au lendemain d’une vive passe d’armes sur les négociations en vue d’une adhésion turque à l’Union européenne.

« Nous devons accepter la réalité : les négociations d’adhésions ne sont aujourd’hui que de la fiction », a ainsi déclaré Christian Kern, le chancelier autrichien.

Pour lui, l’ampleur des purges décrétées par le président turc Recep Tayyip Erdogan depuis le putsch avorté du 15 juillet exclut toute possibilité d’adhésion.

>> Lire : L’Europe craint une dérive autoritaire après le putsch manqué en Turquie

Contexte