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04/12/2016

Tusk accuse la Russie de tenter d’affaiblir l’UE

L'Europe dans le monde

Tusk accuse la Russie de tenter d’affaiblir l’UE

Donald Tusk [European Council].

La stratégie russe est d’affaiblir l’UE, a assuré Donald Tusk, président du Conseil européen, après cinq heures de discussions « difficiles », selon les diplomates, sur les relations de l’UE avec Moscou.

Après un dîner à rallonge avec les 28 chefs d’État et de gouvernement, Donald Tusk a expliqué à la presse que les dirigeants européens avaient parlé de « toutes sortes d’activités russes », violations des espaces aériens, campagnes de désinformation, cyberattaques, ou interférences dans les processus démocratiques en Europe et ailleurs.

« Il est clair que la stratégie russe est d’affaiblir l’UE. Nous faisons une évaluation sobre de la réalité, nous ne nous faisons pas d’illusions », a-t-il poursuivi.

Le président du Conseil a indiqué qu’une intensification des tensions avec la Russie n’était pas le but de l’UE, qui ne fait que réagir aux mesures prises par la Russie. L’UE est toujours prête à ouvrir le dialogue, a-t-il assuré, mais ne compromettra pas ses valeurs et principes. « C’est pourquoi les dirigeants ont décidé de maintenir leur cap et, avant tout, de rester unis », a-t-il affirmé.

Situation en Syrie

Donald Tusk a notamment abordé la question du MH17, l’avion d’Air Malaysia qui s’est écrasé dans l’est de l’Ukraine le 17 juillet 2014, ce qui a mené à la mort des 298 personnes à bord, dont la majorité (193 personnes) était des citoyens néerlandais. Les chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur soutien au gouvernement néerlandais, a-t-il déclaré.

Tous les États qui peuvent contribuer à l’enquête et à la poursuite des responsables doivent le faire, a-t-il ajouté.

Les dirigeants européens ont également discuté de la situation en Syrie et condamné fermement les attaques menées par le régime et ses alliés, dont la Russie, à l’encontre des civils d’Alep. « L’UE appelle à la fin des atrocités et à la cessation immédiate des hostilités », a-t-il déclaré.

Si les violences continuent, l’UE se tient prête à envisager « toutes les options disponibles », a-t-il fait remarquer, faisant référence à des sanctions supplémentaires.

La fermeté des propos du Président ne représente toutefois pas nécessairement toutes les opinions exprimées par les chefs d’États. La Pologne et les pays baltes ont demandé l’ajout de noms russes aux sanctions européennes mais « n’ont pas insisté », a assuré un haut diplomate.

>> Lire : Les discussions stratégiques sur la Russie vont éviter le sujet des sanctions

Les conclusions adoptées n’incluent cependant pas de sanctions à l’égard du régime syrien, contrairement à ce qui était attendu. Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, aurait fait un travail préparatoire important pour éviter toute nouvelle sanction contre la Russie.

Dans le même temps, Londres, Paris et Berlin ont apparemment durci leurs positions. Lors d’une autre conférence de presse après le dîner, Angela Merkel a ainsi déclaré que le bombardement d’Alep était « un non-respect des principes d’humanité » que les dirigeants européens « ne peuvent accepter ». « Nous devrons envisager toute mesure concevable pour y répondre. Nos n’excluons donc pas des mesures supplémentaires », a-t-elle expliqué.

 

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