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26/09/2016

Une ministre suédoise sous le coup d’une enquête pour corruption

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Une ministre suédoise sous le coup d’une enquête pour corruption

Margot Wallström, février 2015.

[Socialdemokraterna/Flickr]

La police suédoise a ouvert le 19 janvier une enquête officielle sur une affaire de corruption concernant le bail de l’appartement de la ministre suédoise des Affaires étrangères, Margot Wallström, à Stockholm.

Tout a commencé quand la presse suédoise a rapporté que le syndicat suédois Kommunal avait assuré qu’une de ses propriétés du centre de Stockholm avait été libérée pour être mis à la disposition de la ministre des Affaires étrangères, Margot Wallström. Cette dernière soutient avoir demandé à Kommunal de lui fournir un bail selon les règles et accuse Annelie Nordström, présidente du syndicat, de mentir.

Selon le quotidien Aftonbladet, qui est le premier à avoir enquêté sur les comptes du syndicat Kommunal, Margot Wallström ne paie que 32 couronnes suédoises (soit 3,4 euros) par mois pour la location de son appartement de 89 mètres carrés, après la déduction des subventions reçues pour son poste au ministère.

Margot Wallström est une figure bien connue à Bruxelles. Outre le poste de ministre des Affaires étrangères qu’elle occupe depuis 2014, elle a été commissaire européenne à l’environnement de 1999 à 2004, ainsi que vice-présidente de la Commission en charge des relations institutionnelles de 2005 à 2009.

Margot Wallström a aussi été la première ministre des Affaires étrangères de l’UE à reconnaître la Palestine en octobre 2014. Une décision qui a créé des tensions sans précédent entre Israël et la Suède et qui a fait perdre à la ministre son immunité.

>> Lire : Polémique Ikea après la reconnaissance de la Palestine par la Suède

L’année dernière, Margot Wallström, qui a déclaré qu’elle menait une « politique étrangère féministe », a également fustigé la flagellation du blogueur Raif Badaoui en Arabie saoudite.

Au même moment, Stockholm connaissait une pénurie de logements. Fin décembre, plus d’un demi-million de Suédois se trouvaient sur une liste d’attente publique pour des appartements situés dans la capitale.

Le procureur Alf Johansson a déclaré à l’agence TT, que la nouvelle parue dans la presse sur le « traitement spécial » offert à la ministre était suffisante pour supposer qu’un délit avait été commis.

« Je n’ai aucun problème avec cette enquête », a affirmé Margot Wallström, dans un communiqué. « Je n’ai rien à cacher, et c’est une bonne chose que cela soit clarifié. En attendant, je continuerai à faire mon travail. »

Le Premier ministre, Stefan Löfven, a déclaré le 17 janvier lors d’un débat télévisé qu’il espérait que Margot Wallström ait géré ses conditions de location du mieux possible.

« Comme tout le monde, je suis en colère et déçu. Il est très important que les syndicats fassent du bon travail pour leurs membres. Ce genre d’affaires leur sont néfastes », a-t-il déclaré à la chaine de télé SVT.

Si l’enquête du parquet anticorruption conclut que le bail de la ministre est un pot-de-vin, Margot Wallström et Annelie Nordström pourraient toutes deux être reconnues coupables. En Suède, la corruption est passible d’une amende ou d’une peine de prison pouvant s’étendre jusqu’à deux ans, voire cinq en cas de grave délit de corruption.