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24/09/2016

Une plainte de l’UE contre le gouvernement bolivien

L'Europe dans le monde

Une plainte de l’UE contre le gouvernement bolivien

Evo Morales souhaite briguer un quatrième mandat. Pour cela, les Boliviens doivent l'autoriser à modifier un article de la Constitution.

[Ministerio de Cultura de la Nación/Flickr]

La diplomatie européenne a peu apprécié que l’image et les propos de son ambassadeur soient maniupulés.

La délégation de l’Union européenne en Bolivie vient de déposer plainte contre le gouvernement bolivien. Une pratique inhabituelle qui s’explique par l’utilisation d’une photo de son ambassadeur, Timothy Torlot, pour la campagne d’Evo Morales. Le président bolivien organise un referendum, le 21 février prochain, pour demander à la population l’autorisation de se représenter en 2019.

La photo de Timothy Torlot, ambassadeur de l’UE en Bolivie, et une de ses déclarations sur la croissance économique du pays ont été diffusées massivement sur les réseaux sociaux par les supporters du président, avec un appel à voter « oui » au référendum.

« Timothy Torlot a fait une déclaration il y a quelques jours sur les performances économiques [du pays], mais cela n’avait aucun rapport avec son soutien, ou non, à la campagne politique du référendum », a soutenu Walter Mur.

Dans sa déclaration, l’ambassadeur de l’UE a fait une analyse positive des résultats économiques de la Bolivie ces dernières années, malgré la conjoncture régionale défavorable à d’autres pays.

Le 12 janvier, Timothy Torlot a envoyé une lettre au ministre des Affaires étrangères, David Choquehuanca, pour déposer une « plainte formelle », a indiqué Walter Mur, porte-parole de la représentation de l’UE à l’agence EFE.

Dans sa lettre, Timothy Torlot soutient que les diplomates ne peuvent pas participer à la politique interne des pays.

Le 21 février, les Boliviens se prononceront lors d’un référendum sur la proposition du pouvoir de réformer l’article 168 de la Constitution et ainsi permettre à Evo Morales et à son vice-président, Álvaro García Linera, de se représenter en 2019.

Tous deux gouvernent depuis 2006 et veulent briguer un quatrième mandat consécutif pour la période 2020-2025, même si selon un arrêt de la Cour constitutionnelle, ce nouveau mandat serait compté comme étant le troisième.

L’argument de la Cour et d’Evo Morales est que le premier mandat (2006-2010) ne compte pas car il est antérieur à l’instauration en 2009 d’un État plurinational en Bolivie.