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29/05/2016

Les hotspots sont devenus des prisons, dénonce l’HCR

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Les hotspots sont devenus des prisons, dénonce l’HCR

À Lesbos en Grèce un "hotspot" pour enregistrer les réfugiés. [European Commission]

Le Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés refuse de participer au renvoi des réfugiés décidé dans l’accord UE-Turquie.

La porte-parole du Haut-Commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR), Melissa Fleming, a déclaré le 22 mars que les nouvelles dispositions de l’accord UE-Turquie avaient transformé les hotspots en des centres de détention.

« Par conséquent, et conformément avec notre politique d’opposition aux détentions obligatoires, nous avons suspendu certaines de nos activités dans les centres fermés situés sur les îles », a-t-elle expliqué.

Les activités suspendues incluent le transport depuis et vers ces sites, a-t-elle précisé, tout en ajoutant que le HCR maintiendrait une présence pour assurer la protection des réfugiés et le respect des droits de l’Homme et pour fournir des informations sur le droit et la procédure pour déposer une demande d’asile.

>> Lire : Dans les îles grecques, le cauchemar s’accentue

Le personnel du HCR restera présent le long des côtes et dans les ports pour sauver des vies humaines et organiser des transports vers les hôpitaux.

Selon Melissa Fleming, le HCR craint que l’accord UE-Turquie ne soit mis en place avant que les garanties nécessaires soient établies en Grèce.

« Pour l’instant, la Grèce n’a pas les capacités suffisantes sur ses îles pour évaluer les demandes d’asile, ni les conditions adéquates pour offrir aux réfugiés un logement décent et sûr en attendant que leur dossier soit traité », a-t-elle regretté.

Le HCR n’est pas partie prenante de l’accord et ne participera pas non plus aux renvois et aux détentions. Nous continuerons d’aider les autorités grecques à développer des capacités d’accueil adaptées », a ajouté Melissa Fleming.

Des bateaux de fortune remplis de réfugiés ne cessent d’arriver en Grèce depuis la Turquie, malgré le lancement d’un accord historique entre l’Union européenne et Ankara pour endiguer l’afflux de réfugiés. Cet accord stipule que tous les réfugiés arrivant après le 20 mars seront renvoyés vers la Turquie.

>> Lire : Accord sans précédent pour stopper l’afflux de migrants vers l’Europe

La porte-parole a expliqué qu’à compter du samedi 19 mars, les autorités grecques ont accéléré le transfert sur le continent d’environ 8 000 réfugiés arrivés sur les îles avant le 20 mars. L’objectif était de les séparer des nouveaux arrivants qui seront soumis à la nouvelle politique de retours.

Les arrivées à Lesbos continuent : 934 personnes sont arrivées depuis le dimanche 20 mars. Elles sont détenues dans un centre fermé d’enregistrement et de logement à Moria, dans l’est de l’île. Les 880 personnes restantes, arrivées avant dimanche, sont logées un kilomètre plus loin, dans le centre Kara Tepe, un camp ouvert et géré par la municipalité.

>> Lire : La relocalisation de réfugiés en France traine faute de candidats

« L’incertitude rend les nouveaux arrivants très nerveux. Nombreux sont ceux qui espèrent encore que la frontière sera ouverte. Nombreux sont ceux qui n’ont plus d’argent. Il est urgent de les informer », a commenté Melissa Fleming.

Selon elle, la police grecque est en train de distribuer des dépliants en arabe et en perse, pour informer les migrants de la fermeture de la frontière et leur conseiller de se rendre dans des camps où les conditions sont meilleures. Le problème est que les camps alentours ont atteint leur capacité maximale. Il est nécessaire d’ouvrir de nouveaux camps, y compris pour les candidats à la relocalisation, a-t-elle estimé.