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01/10/2016

Washington s’interroge sur les financements russes du FN

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Washington s’interroge sur les financements russes du FN

Marine Le Pen [manu le manu/flickr]

Les services de renseignement américains veulent examiner la manière dont le Kremlin tente de diviser et d’affaiblir l’UE. Notamment en se penchant sur le financement de partis politiques.

Le 16 janvier, le journal britannique The Telegraph rapportait que James Clapper, le directeur des renseignements nationaux américains, avait été chargé par le Congrès de mener une grande enquête sur les financements cachés octroyés par la Russie à certains partis européens depuis dix ans.

Washington s’inquiéterait en effet de la détermination de Moscou à exploiter les divisions au sein de l’UE pour affaiblir l’OTAN, bloquer les programmes de missile défensifs américains et révoquer les sanctions imposées à la Russie par l’UE après l’annexion de la Crimée.

>> Lire : L’UE lance un groupe de travail pour contrer la propagande russe

Un dossier sur les « activités d’influence russes » identifie déjà les opérations d’influence russes en cours en France, aux Pays-Bas, en Hongrie, en Autriche et en République tchèque.

Le rapport commandé aux renseignements américains se penchera donc sur la possibilité que la Russie finance des partis et organisations caritatives dans le but d’« affaiblir la cohésion politique ». Les représentants américains n’ont pas voulu nommer les partis en question, mais ceux-ci incluent probablement Jobbik, en Hongrie, Aube dorée, en Grèce, la Ligue du Nord, en Italie, et le Front national, qui a reçu un prêt de 9 millions d’euros d’une banque russe en 2009.

Un membre de l’administration britannique aurait expliqué au Telegraph que « dans toute l’Europe, nous voyons des preuves alarmantes des efforts de la Russie pour défaire la trame de de l’unité européenne sur toute une série de questions stratégiques ».

>> Lire : Moscou lance son site de propagande en France

Selon les sources de l’article, le Kremlin suit de près le débat sur le référendum sur l’adhésion du Royaume-Uni à l’UE et l’accession de Jeremy Corbyn à la présidence du parti travailliste.

Andrew Foxall, le directeur de la section « Russie » du groupe de réflexion Henry Jackson Society, aurait expliqué que les tentatives russes de combattre les sanctions européennes deviennent « plus audacieuses ».

« Personne ne sous-entend que Corbyn est de mèche avec le Kremlin, pas du tout, mais ses intérêts concordent avec ceux de la Russie. Moscou a intensifié sa politique d’influence et essaie de faire en six mois ou un an ce qu’elle faisait auparavant en dix ans. Dès que l’occasion se présente, la Russie veut affaiblir l’Occident, afin de pouvoir dire que l’Occident n’est pas meilleur qu’elle. Elle veut la fin de l’Union européenne parce qu’elle préfèrerait de loin pouvoir appliquer ‘diviser pour mieux régner’ », estime-t-il.

>> Lire : Les prêts russes au Front national inquiètent le Parlement européen

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