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30/09/2016

La Turquie interrompt des fouilles autrichiennes à Éphèse

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La Turquie interrompt des fouilles autrichiennes à Éphèse

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Le gouvernement turc a retiré à l’Autriche l’autorisation de faire des fouilles dans la ville antique d’Éphèse, provoquant l’indignation dans les sphères culturelles et scientifiques.

Dans l’Antiquité, la ville d’Éphèse était l’une des plus anciennes, des plus grandes et des plus importantes d’Asie mineure, avec son Artémision faisant partie des sept merveilles du monde. À cette époque, la ville se trouvait en bord de mer, mais s’est éloigné de la côte au fil des siècles avec les changements climatiques et sismologiques. Ainsi, les ruines se trouvent aujourd’hui à l’intérieur des terres. Éphèse fait aujourd’hui partie des sites archéologiques les plus visités et a été classé au patrimoine mondial de la culture par l’UNESCO en 2015. Des chercheurs autrichiens y travaillent depuis 1895 et ont déjà découvert et reconstitué de nombreuses merveilles.

Or, une agence d’État turque a annoncé la semaine dernière dans un communiqué laconique qu’Ankara avait exigé l’arrêt des fouilles autrichiennes dans cette ville antique. La directrice de l’institut d’archéologie autrichien a également reçu une lettre, par laquelle elle été informée que les archéologues et les autres employés devaient quitter le site deux mois avant la date de fin fixée des fouilles, mettant 200 chercheurs de 20 pays différents et 55 assistants turcs sur le carreau.

Il s’agirait d’une sanction d’Ankara, en réponse aux critiques des politiques autrichiens, ayant exigé l’arrêt des négociations pour l’entrée de la Turquie dans l’UE après la mise en place de mesures restrictives pour la liberté de la presse et d’expression ainsi que l’étranglement du système judiciaire. L’opinion générale désapprouve cet abandon de travaux culturels et scientifiques reconnus par la communauté internationale pour des désaccords politiques.

>> Lire : Le ton monte entre la Turquie et l’Autriche

L’ancien ministre de la Science autrichien, Karlheinz Töchterle, a en effet déclaré que « la science et la recherche ont toujours favorisé des relations étroites et peuvent représenter un lien, également en temps de conflits ».

« La Turquie se tire une balle dans le pied avec cette réaction excessive. L’équipe de recherches dirigée par l’Autriche avait jusqu’à présent contribué à la découverte et la restauration du site, rendu accessible à un large public, faisant d’Éphèse l’un des sites archéologiques les plus visités du bassin méditerranéen », a estimé l’ancien ministre autrichien.

Des discussions pour parvenir à un compromis sont en cours. Le consul honoraire d’Izmir, Ülkü Caner, était à Vienne le 5 septembre pour mener des négociations diplomatiques avec le ministère des Affaires étrangères autrichien sur les démarches possibles pour parvenir à une normalisation des relations, au moins dans les domaines de la science et de la culture.