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23/01/2017

Le parti eurosceptique allemand dénonce le « chaos de l’asile »

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Le parti eurosceptique allemand dénonce le « chaos de l’asile »

Frauke Petry (à droite) et Bernd Lucke, avant leur lutte de pouvoir au début de l'année.

[blu-news.org/Flickr]

Le parti de l’Alternative pour l’Allemagne (Afd) a fait irruption dans le débat sur la crise des réfugiés pour défendre sa ligne dure sur le sujet. Un article du Tagesspiegel.

L’AfD a lancé son « offensive de l’automne » en s’engouffrant dans le débat sur la crise des réfugiés qui fait rage en Allemagne. Suite à l’annonce faite par le gouvernement allemand de traiter 800 000 demandes d’asile cette année, Frauke Petry, cheffe de file de l’AfD, a déclaré qu’un « désastre imminent » menaçait le pays et a appelé au « rétablissement de la loi et de l’ordre », et à la « protection de la sécurité nationale ».

Dès cette semaine, l’AfD veut placer des panneaux partout dans le pays pour critiquer le « chaos de l’asile » et pour présenter son plan à six points pour une « immigration régulée » dans des stands d’information.

Au début de l’été, Frauke Petry a remporté la lutte de pouvoir qu’elle menait contre Bernd Lucke, l’un des fondateurs du parti. Frauke Petry, ainsi que son bras droit, Alexander Gauland, veulent désormais lancer un « débat honnête » sur le système d’asile allemand et ses conséquences pour le pays. Tous deux espèrent récolter les votes de la Rhénanie-Palatinat et du Bade-Wurtemberg lors des élections locales en 2016.

« Il est évident » que le sujet de l’asile sera une des pierres angulaires de la campagne, ont-ils annoncé le 6 septembre à Berlin. Les deux responsables ont ajouté que l’AfD consistuait une « force démocratique » ayant pour but de limiter la croissance de l’extrême droite, encouragée par les échecs politiques des partis traditionnels en matière d’asile. 

Dans sa critique de la politique du gouvernement vis-à-vis des réfugiés, l’AfD est explicite dans le choix de ses mots : une « migration » arrive en Allemagne, un pays « incapable d’accueillir et d’intégrer tant de personnes ». Pour Frauke Petry et Alexander Gauland, il est évident que des contrôles doivent être immédiatement rétablis aux frontières de l’Allemagne et que les candidats des pays sûrs et des pays tiers doivent être renvoyés chez eux. L’AfD veut réintroduire une obligation de visa pour les personnes venant des Balkans occidentaux. À l’avenir, les demandes d’asile ne devraient être permises que lorsqu’elles sont enregistrées dans le pays d’origine. Si ce pays est en guerre, les demandeurs d’asile devront se rendre dans le pays voisin le plus sûr afin d’enregistrer leur demande. « Les demandeurs d’asile seront refoulés de nos frontières », a insisté l’AfD.

Jusqu’à ce que ces changements aient lieu, les dirigeants de l’AfD veulent introduire une procédure rapide, de 48 heures, lors de laquelle le candidat devait démontrer son origine et les raisons de sa demande. Dans un contexte d’urgence et afin de « limiter le nombre de demandes », l’AFD ne veut offrir aux demandeurs d’asile que des moyens de subsistance en nature. Les versements en espèces ne devraient être attribués qu’aux candidats dont la demande a été accordée. Frauke Petry est d’avis que les demandeurs d’asile devraient recevoir le même montant de bénéfices en Allemagne que ce qu’ils auraient reçu en travaillant dans leur pays d’origine. Étant donné que l’Allemagne accueille plus de réfugiés que le nombre prévu par les règles européennes, l’AfD voudrait que la contribution allemande au budget européen soit réduite, pour compenser. Le gouvernement doit « prendre soin des Allemands », ont souligné les dirigeants de l’AfD.