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27/09/2016

Les politiques européens unanimes pour condamner l’attentat contre Charlie Hebdo

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Les politiques européens unanimes pour condamner l’attentat contre Charlie Hebdo

La Une de Charlie Hebdo du mercredi 7 janvier

Les trois terroristes ayant perpétré l’attentat contre le journal Charlie Hebdo sont en fuite.  Plusieurs politiques ont appelé à l’union nationale après ce que François Hollande a qualifié d' »acte d’une exceptionnelle barbarie ».

Le journal satirique Charlie Hebdo  a été victime mercredi 7 janvier de la pire attaque terroriste que la France ait connu depuis les attentats de Saint Michel en 1995, il y a 20 ans. Trois tireurs armés de Kalachnikov et de lance-roquette ont attaqué et tué deux policiers qui surveillaient l’immeuble situé dans le 11ième arrondissement de Paris avant de se rendre au sein de la rédaction du journal où se tenait la conférence de rédaction hebdomadaire, où ils ont tiré à bout portant, avant de repartir en hurlant le nom d’Allah. L’attaque a duré 10 minutes et les trois terroristes sont repartis en volant une voiture.

Les dessinateurs Charb, qui était directeur de la publication, Wolinski, Cabu et Tignous figurent parmi les morts. L’économiste Bernard Maris, membre du Conseil Général de la Banque de France où il avait été nommé par Jean-Pierre Bel, figurerait également parmi les victimes. Les terroristes n’auraient pas tiré sur les femmes présentes dont Luce Lapin, spécialiste des chroniques pour la défense des animaux et le végétarisme, qui était présente dans la pièce de la fusillade.

Le journal est la cible de islamistes depuis plusieurs années, après la publication d’une caricature de Mohamet. En réponse, l’une des victimes, le dessinateur et journaliste Charb’, publiait une rubrique intitulée « la fatwa de la semaine ». Les journalistes réguliers et pigistes sont au nombre de 30 et les dessinateurs une vingtaine.

L’hebdomadaire satirique avait été menacé à de nombreuses reprises depuis la publication de caricatures du prophète Mahomet en 2006.

En novembre 2011, le siège du journal avait été détruit dans un incendie criminel, déjà qualifié d' »attentat » par le gouvernement de l’époque. En 2013, un jeune homme de 24 ans avait été condamné à de la prison avec sursis pour avoir appelé sur internet à décapiter le directeur de Charlie Hebdo après la publication des caricatures de Mahomet.

Le Premier ministre Manuel Valls a immédiatement décidé d’activer le dernier niveau du dispositif de sécurité Vigipirate, qui atteint le niveau maximal, « alerte attentat ». Les écoles seront protégées en priorité, les sorties scolaires interrompues. Les enquêteurs ont lancé mercredi après-midi un appel à témoins après l’attentat meurtrier contre l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo qui a fait 12 morts, a annoncé le police judiciaire (PJ) parisienne. La Brigade criminelle en charge de l’enquête a perdu la trace des criminels.

Réunion de crise à l’Elysée

Bernard Cazeneuve (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Défense), Christiane Taubira (Justice), Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Fleur Pellerin (Culture et Communication) ainsi que les responsables des principaux services de police et de gendarmerie participaient à cette réunion, selon l’Élysée.
La sécurité a été fortement renforcée aux abords du palais présidentiel, où des policiers supplémentaire ont été déployés, avec des gilets pare-balles et des armes automatiques.

Le Syndicat National du Journalisme a appelé a un rassemblement mercredi à 18 h place de la République, non loin du lieu de l’attentat.

Charlie Hebdo a fait la Une de son dernier numéro paru ce mercredi sur la sortie de « Soumission », nouveau roman controversé de l’écrivain Michel Houellebecq ( photo).

Les politiques unanimes de par le monde

« Je suis profondément choqué par l’attaque brutale et inhumaine qui a frappé les locaux de Charlie Hebdo. C’est un acte intolérable, une barbarie qui nous interpelle tous en tant qu’êtres humains et Européens. Mes pensées vont aux victimes et à leurs familles. J’exprime, à mon nom personnel et au nom de la Commission européenne, notre plus grande solidarité avec la France » a déclaré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne dans un communiqué de presse.

« Cet acte horrible est non seulement une agression contre la vie des citoyennes et citoyens français »mais « aussi une attaque que rien ne peut justifier contre la liberté de la presse et d’opinion, un fondement de notre culture libre et démocratique », a affirmé la chancelière allemande, Angela Merkel dans un communiqué.

Aux Etats-Unis, le président Barack Obama, ainsi que le Secrétaire d’Etat John Kerry, ont fait des déclaration de soutien à la France. « Je suis d’accord avec l’imam français qui a appelé les victimes des martyrs de la liberté » a déclaré John Kerry en français, tandis que Barack Obama rappelait que la France était « le plus vieil allié des Etats-Unis, et s’est tenue à ses côtés dans la lutte contre le terrorisme qui menace la sécurité du monde. Les Français se sont toujours battu pour les valeurs universelles que des générations d’Américaines ont défendu» a déclaré le président américain.

Réactions

 « Aucun acte barbare ne saura jamais éteindre la liberté de la presse. Nous sommes un pays unis qui saura réagir et faire bloc » a déclaré le Président français François Hollande.

« Les meurtres à Paris sont écœurant. Nous sommes avec le peuple français dans la lutte contre le terrorisme et la défense de la liberté de la presse » a écrit David Cameron, le premier ministre britannique.

« Je suis choqué par l'attentat révoltant qui a eu lieu ce matin à Paris contre Charlie Hebdo. L'Union européenne se tient aux côtés de la France après cet acte effroyable. C'est une attaque brutale contre nos valeurs fondamentales, contre la liberté d'expression, pilier de notre démocratie » a déclaré le président du Conseil européen, Donald Tusk. Au nom de l'Union européenne et en mon nom je présente mes plus sincères condoléances aux familles et proches des victimes et j'exprime ma solidarité aux autorités françaises et aux Français.

« Je suis profondément choqué par la nouvelle de l'attentat à Paris. Nos condoléances aux familles des victimes et au peuple français » a écrit Victor Ponta, le premier ministre roumain.  

« Je condamne fermement l'horrible attaque contre Charlie Hebdo. L'Europe défend toujours la liberté de la presse » a réagi Alexander Stubb, le premier ministre finlandais

Je « condamne fermement l'attaque terroriste à Paris et  présente mes condoléances et ma solidarité au peuple français pour les victimes » a réagi le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

« Profondément choqué par l'attaque meurtrière contre Charlie Hebdo.  Mes pensées à l'équipe, les policiers et leurs proches » a déclaré le président de Parlement européen, Martin Schulz.

« On mesure aujourd'hui ce que peuvent être des religions qui cherchent à imposer par la terreur leur obsession et leur fanatisme. Aujourd'hui, nous avons un seul devoir, nous serrer les coudes, faire l'union nationale, refuser toute concession, les pourchasser et les punir. C'est dans ces jours de guerre qu'on mesure ce qu'est la détermination d'un peuple à sauver l'essentiel» a déclaré le Modem François Bayrou.