Volkswagen ne veut plus parler allemand

Les défenseurs de la langues allemandes revendent leurs actions VW. [Karen Roe/ Flickr]

Volkswagen a décidé de remplacer sa langue de travail – l’allemand –  par l’anglais, dans l’espoir d’attirer davantage de cadres supérieurs. Une décision dénoncée par les défenseurs de la langue allemande.

La place de l’anglais comme lingua franca de l’UE est l’une des questions soulevées après le Brexit. Aujourd’hui, une des plus grosses entreprises européennes, Volkswagen a officiellement décidé de l’adopter.

Ce changement a pour objectif de faciliter le recrutement et d’attirer des candidats à haut potentiel aux postes de management en supprimant la barrière linguistique de l’allemand. Le Dr Karlheinz Blessing, véritable gourou du management du groupe, a ainsi annoncé que « dans futur [sic], l’anglais deviendra la langue du groupe ». « Nous avons besoin des meilleurs profils du monde », a-t-il ajouté.

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Si le groupe est principalement connu pour ses voitures VW, il contrôle également des marques internationales, comme Bugatti, Bentley, Lamborghini et SEAT, qui sont à l’origine française, anglaise, italienne et espagnole, respectivement.

L’abandon par le groupe de la langue de Goethe, au bénéfice de celle de Shakespeare, traduit également son intention de se concentrer davantage sur le marché américain, particulièrement après le scandale du Dieselgate, qui a révélé des fraudes aux émissions du géant allemand.

La décision a cependant déjà été critiquée par la Deutsche Sprache, qui a décidé de vendre ses 200 actions pour protester. Cette organisation a de fait été mise en place pour protéger l’allemand d’une marginalisation dans les médias et le monde de l’entreprise.

Watler Krämer, porte-parole de Deutsche Sprache, s’est déclaré « consterné par la désinvolture avec laquelle nos élites abandonnent leurs propres langue et culture ». Pour l’organisation, cette mesure était « totalement inutile », et la langue allemande ne constituait absolument pas un frein au recrutement.

Il est intéressant de noter que l’organisation a acheté son modeste portefeuille de parts VW après l’implication du constructeur automobile dans la fraude aux émissions. La vente des actions lui permet donc d’empocher 7 000 euros de bénéfice. Elle pourrait attendre le prochain scandale pour réinvestir cet argent dans le secteur, mais pas dans VW, assure Watler Krämer.

Si sa défense de l’allemand est admirable, l’éthique de Deutsche Sprache en matière d’environnement l’est apparemment un peu moins.

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