Comment Macron veut corriger sa relation avec les médias

Mihai Tudose et Emmanuel Macron

Emmanuel Macron profite de sa tournée européenne pour entamer un travail de pédagogie de sa politique. Avec en tête un nouveau format d’intervention dans les médias. À la Roosevelt. Un article de notre partenaire Ouest-France.

La campagne fut rude, l’été ne le fut pas moins. Mais pour d’autres raisons. Après la débauche médiatique de l’élection, Emmanuel Macron avait choisi, sitôt élu, de raréfier la parole présidentielle. Certes, on l’a entendu au Congrès. Et on l’a vu un peu partout depuis mai. Avec Trump, avec Poutine. À Bruxelles, Taormina, Versailles ou Berlin. Mais pas question de commenter son action avec les journalistes, comme le faisait fréquemment François Hollande. Macron veut rompre avec ses prédécesseurs pour redonner du lustre à la fonction.

12 chefs d'Etats européens en 10 jours, un challenge diplomatique pour Macron

Le président français va rencontrer 12 chefs d’États européens dans les 10 prochains jours au cours de sept rencontres distinctes. Un nouveau marathon diplomatique destiné à faire monter les priorités françaises : travailleurs détachés, défense, migrations.

Raréfier la parole, c’était donc le mot d’ordre. Du moins, jusqu’à maintenant. Car si la séquence internationale a été réussie, le jeûne médiatique a montré ses limites. L’été a apporté des coups politiques inattendus. Affaire Ferrand, démission de Bayrou, le couac des APL, les ruades des Insoumis. Les sondages étant en baisse, un besoin d’explication s’impose désormais. De « pédagogie » dit-on à l’Élysée.

D’où le tournant opéré mercredi à Salzbourg par Emmanuel Macron dans sa communication. Il avait promis de ne pas parler de politique intérieure lorsqu’il était en déplacement à l’étranger, et depuis mercredi il n’a cessé de faire référence aux sujets sensibles de la rentrée française. Il a longuement plaidé pour la cohérence de sa politique sociale à propos des travailleurs détachés. Il l’a confirmé lui-même hier à Bucarest.

« Cette tournée européenne me permet d’expliquer la cohérence entre l’agenda français et l’agenda européen ». Sa posture réformatrice en politique intérieure et proactive à l’échelon européen offre un terrain propice. Le voyage en Autriche, Roumanie et Bulgarie a lieu, d’ailleurs, dans les trois pays qui assureront successivement, à partir du 1er janvier 2018, la présidence de l’Union européenne.

Une causerie au coin du feu ?

Le Président invite ainsi les ministres à occuper le terrain. S’adressera-t-il très prochainement plus directement aux Français ? À l’Élysée, après avoir rompu avec la tradition de l’entretien télévisé du 14 juillet, on réfléchit à une nouvelle formule, à échéance régulière. Permettant d’expliquer l’action gouvernementale et la remettre en perspective.

>> Lire la suite sur Ouest-France