Bruxelles lance une consultation publique sur les «fake news»

Mariya Gabriel s'attaque à la diffusion d'informations fausses sur Internet.

Les « fake news » sont une maladie contre laquelle l’Europe doit se « vacciner », estime Mariya Gabriel, commissaire au numérique, qui vient de lancer une consultation publique sur la manière dont l’UE devrait réagir.

« Il est vital que nous «vaccinions notre société contre cette maladie, afin de maintenir et de renforcer nos valeurs démocratiques », a déclaré Mariya Gabriel, commissaire au numérique, lors du lancement d’une consultation publique sur la diffusion d’informations fausses sur les plateformes en ligne.

La Commission a publié un questionnaire et récoltera les réponses du public jusqu’en février, afin d’orienter le document de stratégie qui sera finalisé début 2018. Celui-ci ne sera pas juridiquement contraignant, mais présentera une série de recommandations sur la manière dont les plateformes comme Facebook et Youtube devraient limiter la diffusion de  fausses informations.

Mariya Gabriel a également lancé un appel à candidatures pour un groupe d’experts de haut niveau qui la conseilleront sur le sujet, dont elle avait déjà annoncé la création en août.

Elle a abordé la question des milliers d’euros que les plateformes ont reçus pour la promotion de campagnes politiques et pour augmenter la visibilité de certains comptes. « Bien sûr, la nouveauté est aussi que ce phénomène permet à des acteurs externes d’influencer l’opinion dans nos démocraties d’une manière qui leur était impossible jusqu’ici », a-t-elle ajouté.

Partout en Europe, les gouvernants font pression pour que les réseaux sociaux mettent en place des mesures de détection et de suppression des « fake news ». Le mois dernier, les chefs d’État et de gouvernement européens ont décidé que l’UE devrait en faire plus pour combattre ce phénomène.

Ils ont notamment insisté sur le fait que les campagnes électorales devraient être protégées contre les campagnes lancées sur Internet, une décision liée aux indications selon lesquelles Moscou avait financé la diffusion de fausses informations dans une tentative délibérée d’influencer les élections américaines et françaises.

« Il nous faut renforcer l’intégrité de nos sociétés libres et démocratiques à l’ère du numérique, en protégeant les droits et libertés fondamentaux des citoyens, la sécurité en ligne ainsi que l’intégrité et la légitimité du processus démocratique, notamment dans le cadre de nos élections », ont conclu les dirigeants européens lors du sommet sur la cybersécurité et la technologie, en Estonie.

Mariya Gabriel dirigera  à l’avenir les discussions sur les « fake news » au sein de l’exécutif. La commissaire a pris ses fonctions cet été, à la moitié du mandat de la Commission. Jean-Claude Juncker lui a demandé de se concentrer notamment sur les fausses informations.

La Commission veut s'attaquer aux «fake news»

Mariya Gabriel, la nouvelle commissaire au numérique, s’apprête à prendre une des premières mesures de son mandat : mettre sur pied un groupe d’experts sur les « fake news ».

Elle a indiqué que la Commission adopterait une « approche holistique » couvrant « tous les secteurs », parce que les fausses informations sont partagées via des formats divers, écrits ou audiovisuels. « Cette désinformation évolue continuellement, en parallèle avec la technologie disponible », a-t-elle souligné.

Elle a condamné « ceux qui veulent nous nuire », opposants de la transparence, et assuré que l’exécutif voudrait obtenir davantage de transparence de la part des réseaux sociaux. « Nous aborderons les sources d’information, les flux financiers, les moyens de création et de diffusion des contenus », a-t-elle précisé.

Dans sa consultation, la Commission demande notamment si les plateformes en ligne devraient introduire, ou augmenter l’utilisation, d’une série de mesures, allant de l’indication de la nature humaine ou robotique du créateur d’une publication à l’explication des algorithmes utilisés pour déterminer quels contenus chaque utilisateur voit.

La question d’une plus grande rémunération des « organisations médiatiques produisant des informations fiables » se pose également.

La Commission européenne est sous pression pour la mise en place d’une stratégie contre les fake news et les contenus illégaux sur les réseaux sociaux. Certains pays ont déjà pris de l’avance.

C’est notamment le cas de l’Allemagne, où une nouvelle loi prévoit des amendes allant jusqu’à 50 millions d’euros pour les plateformes qui ne suppriment pas les contenus illégaux, comme les discours haineux. D’autres dirigeants européens ont indiqué leur soutien à un tel niveau de sévérité.

Bruxelles demande aux médias sociaux d'agir contre les propos haineux

La Commission européenne souhaite que les plateformes Internet retirent les publications illégales plus rapidement et envisage d’élaborer une nouvelle loi à ce sujet pour satisfaire des pays comme la France et l’Allemagne.

Facebook, Google, Microsoft et Twitter ont déjà adopté des orientations non contraignantes élaborées par l’exécutif européen pour la suppression des publications contenant des discours haineux, interdits dans l’UE. Ces entreprises font partie du forum Internet mis en place par la Commission pour discuter de mesures de surveillance des propos haineux et de la propagande terroriste.

À ce jour, il n’existe aucune législation européenne obligeant les entreprises à supprimer ces contenus, mais la Commission envisage d’introduire des règles contraignantes en 2018 si les entreprises ne se mettent pas à supprimer davantage de contenus illégaux plus rapidement.

Les porte-paroles de Facebook et Google n’ont pas souhaité commenter la nouvelle initiative de la Commission.

L’exécutif attend des experts qui formeront le groupe de haut niveau qu’ils identifient la manière dont les mesures non contraignantes acceptées par les entreprises tech pourraient être améliorées. Les spécialistes devront également déterminer quelles responsabilités les plateformes doivent endosser dans la gestion des fausses informations et de leur diffusion. Ils se prononceront également sur la manière dont les médias journalistiques sont affectés.

Le groupe sera chargé de : « mesurer l’ampleur du phénomène, définir les rôles et responsabilités des acteurs concernés, appréhender la dimension internationale, faire un bilan des positions en jeu et formuler des recommandations ». La Commission a également indiqué que « pour autant que ce soit possible, le groupe devrait inclure plusieurs représentants de chaque domaine d’expertise, qu’il s’agisse du monde universitaire ou de la société civile ».

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