La mafia calabraise détourne l’aide aux réfugiés

L'Italie a découvert qu'un tiers de cet argent, soit 35 millions, a fini dans les poches de la mafia.

La police italienne a arrêté près de 70 membres de la puissante ‘Ndrangheta, le 15 mai. Elle a empoché 35 millions d’euros de fonds publics, avec la complicité d’une organisation catholique. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

En 2006, l’organisation caritative catholique Misericordia décroche l’appel d’offres pour gérer le centre pour réfugiés Sant’Anna, l’un des plus grands d’Europe, situé sous la semelle de la Botte italienne, à Isola Capo Rizzuto. Il accueille en urgence les rescapés qui traversent la Méditerranée sur les rafiots des passeurs.

Il s’agit, entre autres, de nourrir les 12 000 demandeurs d’asile du centre. Misericordia délègue la tâche à des sociétés de restauration. Elle les rétribue avec les fonds publics que l’État consacre à l’accueil des migrants. De 2006 à 2015, l’organisation a touché 103 millions d’euros, 35 € par jour, par migrant.

35 millions détournés

Stupeur lundi 15 mai. L’Italie a découvert qu’un tiers de cet argent, soit 35 millions, a fini dans les poches de la mafia. La section locale de Misericordia avait fait affaire avec des sociétés du clan Arena, une famille de la ‘Ndrangheta. La police a raflé 68 mafieux présumés, lundi. Ainsi que deux dirigeants catholiques, dont un prêtre. Ce dernier est soupçonné d’avoir « monnayé son assistance spirituelle » aux migrants et engrangé 132 000 €, selon l’Autorité nationale anti-corruption.

Un business juteux sur le dos des réfugiés ! « Elles [les sociétés mafieuses] étaient payées pour porter des repas à 500 migrants, mais n’en livraient que la moitié. Non seulement il y en avait peu, mais c’était généralement de la nourriture qu’on donne aux cochons », détaille, écœuré, le procureur de Catanzaro.

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