L’Italie réclame davantage de solidarité sur la crise migratoire

Angela Merkel et Emmanuel Macron

En première ligne face à la crise des réfugiés, l’Italie a appelé ses partenaires européens à ne pas ignorer les causes des grandes migrations, comme les  désastres climatiques ou économiques.

Dans une brève déclaration aux médias face au navire-école « Palinuro » de la marine italienne, Angela Merkel et Emmanuel Macron ont fait l’éloge du « grand travail » de l’Italie dans le sauvetage de migrants en Méditerranée centrale et de son accueil dans les ports du sud du pays.

Angela Merkel a déclaré que l’Union européenne ne pouvait pas seulement être une Europe de l’économie, mais devait aussi être une Europe qui affronte tous les défis de manière unie, y compris celui de la gestion du flux migratoire. Elle a également exprimé la nécessité de « faire preuve de solidarité » avec l’Italie.

Bruxelles propose un plan d’action pour aider l’Italie à gérer l’immigration

La Commission européenne a proposé mardi un plan d’action pour mettre en marche des mesures « immédiates » afin de réduire drastiquement l’arrivée de migrants en Italie. Ces mesures devraient impliquer toute l’Union européenne. Un article d’Euroefe.

Pour combattre l’immigration illégale, la chancelière a défendu la « coopération avec l’Afrique », surtout avec le Niger et la Libye, pays de transit pour l’un et porte de sortie pour l’autre, de la majorité des migrants d’origine subsaharienne qui arrivent en Italie.

Emmanuel Macron a reconnu que « la France n’avait pas toujours fait sa part du travail » dans la gestion de l’urgence migratoire, mais a assuré que ce serait le cas à l’avenir, avec « un esprit d’humanité ».

Deux réalités

« La France fera sa part du travail », a promis le président français, tout en rappelant qu’il était nécessaire de distinguer les migrants ayant droit à l’asile de ceux qui arrivent en Europe pour des raisons économiques.

« Ce sont deux réalités bien distinctes et je ne cèderai pas devant l’esprit de confusion dominant », a-t-il ajouté.

Selon lui, la France doit faire preuve de solidarité envers l’Italie et d’autres pays qui sont davantage touchés par la pression migratoire et « se montrer humaine face aux réfugiés ».

Le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé le 12 juillet la création de 12 000 places d’hébergement supplémentaires pour les demandeurs d’asile et les réfugiés d’ici à 2019.

Macron fait le lien entre réfugiés et économie française

Si la France a accueilli peu de réfugiés, c’est principalement en raison de la faiblesse de l’économie et du taux élevé de chômage en France. Des conditions qui rebutent les demandeurs d’asile, a reconnu le président, Emmanuel Macron.

Pour Paolo Gentiloni, « la distinction que fait M. Macron est légitime », mais les « grandes migrations […] parfois provoquées par des désastres climatiques ou économiques ou des guerres […] ne peuvent pas être ignorées », a-t-il affirmé, dans des propos rapportés par l’AFP.

Paolo Gentiloni a pour sa part assuré que l’Italie poursuivrait ses efforts dans la gestion de l’immigration, mais a aussi prévenu qu’il continuerait à se battre pour que « la politique migratoire ne soit pas confiée à quelques pays seulement et qu’elle soit partagée par toute l’Union européenne ».

Les trois dirigeants se sont rencontrés à Trieste à l’occasion d’un sommet UE-Balkans, aussi connu sous le nom de « processus de Berlin ».

Angela Merkel, qui est à l’origine de ces conférences, a rappelé qu’il était important que « ces pays [les Balkans] aient un bon développement pour qu’ils se rapprochent de l’UE petit à petit ». « La stabilité politique dans la région est importante pour la stabilité dans l’UE aussi. »