Macron fait le lien entre réfugiés et économie française

Destruction de la Jungle de Calais

Si la France a accueilli peu de réfugiés, c’est principalement en raison de la faiblesse de l’économie et du taux élevé de chômage en France. Des conditions qui rebutent les demandeurs d’asile, a reconnu le président, Emmanuel Macron.

« Je ne me glorifie pas que la France n’ait pas eu une attractivité folle auprès des réfugiés : c’est le symptôme qu’il y a dans mon pays 10 % de chômage », a-t-il déclaré lors de la conférence de presse conjointe avec la chancelière.

Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron a promis de faire baisser le taux de chômage de la France, qui se situe au-dessus de la moyenne européenne et qui est bien plus élevé que le taux allemand de 3,9 %.

« Les pays qui ont principalement accueilli, je vais être très direct avec vous, pourquoi ? Parce que ce sont des pays qui allaient bien, qui avaient très peu de chômage et où les réfugiés ont considéré qu’ils avaient un avenir », a-t-il déclaré aux journalistes.

Les conclusions du sommet de vendredi incluent des projets de réforme du système européen d’asile et davantage d’efforts pour former les garde-côtes libyens.

Un mois après l’investiture d’Emmanuel Macron, son apparition aux côtés de la chancelière a permis de présenter la nouvelle relation franco-allemande.

Emmanuel Macron a promis de faire des efforts en termes de migration et a même salué les « décisions courageuses » d’Angela Merkel, un véritable casse-tête politique qui a débouché sur l’accueil de plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015. « J’espère que nous n’aurons pas à répéter de telles décisions », a-t-il commenté.

Emmanuel Macron a reconnu que la France devait en finir avec les « situations inefficaces et inhumaines » causées par la lenteur des procédures de demandes d’asile. « C’est pour cela que j’ai demandé au gouvernement de travailler sur un programme de réformes en profondeur de l’asile, car en France le système marche mal. »

Merkel et Macron s’allient sur l’avenir de l’UE

Paris et Berlin présenteront ensemble des propositions concrètes pour l’avenir de l’UE et la zone euro dans trois mois, a annoncé Emmanuel Macron.

Des tensions ont déjà éclaté par le passé entre la France et l’Allemagne sur le thème de la migration. Lors de la conférence sur la sécurité de Munich l’année dernière, le Premier ministre de l’époque, Manuel Valls, avait ouvertement critiqué la politique en matière de réfugiés d’Angela Merkel.

Lors de sa campagne, Emmanuel Macron avait quant à lui demandé plus de solidarité et avait laissé entendre qu’il introduirait une politique robuste d’accueil des réfugiés. Toutefois, sa position semble déjà avoir changé. En 2016, la France a renvoyé plus de réfugiés vers les pays d’où ils venaient que l’année précédente.

À Calais, la situation des migrants est pire que jamais depuis la destruction de la Jungle. Les ONG ne sont autorisées qu’à distribuer de l’eau et de la nourriture une fois par jour. Le défenseur des droits français a publié un rapport alarmant sur la situation et souligné le manque de protection des réfugiés, et surtout des jeunes.

Le nouveau gouvernement français met l’accent sur des solutions externes via un partenariat avec des pays africains ou par le renforcement des frontières européennes.

Emmanuel Macron a insisté sur cette position durant son apparition aux côtés d’Angela Merkel, en insistant sur le fait que le problème ne « pourrait être résolu que grâce à des politiques en faveur du développement en Afrique et au Moyen-Orient ».

Angela Merkel a déclaré que les dirigeants avaient à peine discuté de la relocalisation des réfugiés depuis l’Italie et la Grèce dans le cadre d’un programme européen pour soulager la pression exercée sur ces deux pays. Les chefs d’État « savaient qu’il n’y aurait pas d’avancées à ce sujet aujourd’hui », a-t-elle commenté. Une poignée d’États membres de l’Est s’opposent au programme.

« Nous n’avançons pas sur les questions de distribution dans l’Union européenne, nous devons donc continuer à régler ce problème », a conclu la chancelière.

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