Prodi dénonce l’inaction européenne en Libye

Romano Prodi estime que les dirigeants européens ont une part de responsabilité dans la crise migratoire. [Alessandro Di Meo/EPA]

Romano Prodi, ancien président de la Commission, dénonce le manque d’action politique européenne dans le conflit libyen et les conséquences de ce silence sur la crise migratoire. Un article de notre partenaire, Italia Oggi.

« La situation migratoire échappe à tout contrôle à cause de la guerre en Libye, qui n’aurait dû durer que quelques semaines et qui pourtant est aujourd’hui plus longue que la Deuxième Guerre mondiale », a regretté Romano Prodi. « Signer un pacte entre gouvernements ne suffit pas. »

Les deux gouvernements en place dans le pays, celui de Tripoli, soutenu par l’ONU, et celui de Tobruk, soutenu par le parlement et d’orientation plus militaire, ont récemment signé un accord de paix après des négociations facilitées par Emmanuel Macron, le président français.

Pour Romano Prodi, ces discussions devraient aussi inclure quelque 20 tribus libyennes, « mais je ne vois aucun effort sérieux de la part des dirigeants européens » à ce sujet, a-t-il fait remarquer.

L’ancien président de la Commission s’exprimait à l’occasion de la sortie de son livre, Il Piano inclinato (« Le plan incliné », non traduit en français), à Scicli, en Sicile, le 17 août. Il en a profité pour donner son opinion sur la question des ONG venant en aide aux migrants en méditerranée : « Il est nécessaire de mettre en place des règles claires, mais le sauvetage de vies humaines doit toujours être la priorité », a-t-il estimé.

La Commission déploie son plan d’action sur les migrants malgré de violentes critiques

Le plan d’action de l’UE annoncé en juillet continue d’être déroulé, malgré des critiques de plus en plus nombreuses.

L’Italie a récemment attaqué les ONG actives dans les eaux internationales, les accusant de contribuer à l’immigration clandestine en entrant dans les eaux libyennes pour tenter de secourir les passagers d’embarcations dangereuses et surpeuplées.

La plupart des ONG ont récemment suspendu leurs opérations suite à des menaces des garde-côtes libyens.

Les autorités italiennes voudraient que les ONG signent un « code de conduite » incluant notamment la présence de policiers armés à bord des bateaux de sauvetage. Une initiative décriée par les ONG, qui estiment que ce code de conduite mettrait des milliers de migrants en danger.

Des conditions toujours plus inhumaines pour les migrants

Quelque 300 Africains ont été intentionnellement jetés à la mer en 24 heures par des passeurs au large du Yémen, des dizaines sont morts ou portés disparus, illustrant le traitement inhumain dont sont victimes des migrants à la recherche d’une vie meilleure.