L’immigration illégale est une forme d’esclavage, selon Mogherini

shutterstock_269602058 [Slavko Sereda/ Shutterstock]

Federica Mogherini, responsable de la diplomatie européenne, compare l’immigration illégale organisée par les mafias à une « nouvelle forme d’esclavage ». Un article d’Euroefe.

La Haute Représentante de l’UE appelle à des « canaux légaux, clairs et sûrs pour les personnes ayant besoin d’une protection internationale pour arriver en Europe ».

« C’est une question épineuse, mais nous devons insister », a déclaré Federica Mogherini lors d’un débat au Parlement européen, le 11 septembre. Elle a consacré une grande partie de son discours à dénoncer les conditions inhumaines des centres de détentions des migrants en Libye.

La Haute Représentante a également souligné qu’au-delà de la gestion des frontières, il fallait s’attaquer aux sources du phénomène migratoire, comme la pauvreté et la guerre, qui poussent les migrants à tout quitter pour tenter le périlleux voyage.

« J’ai entendu des histoires terribles sur les centres de détentions en Lybie, d’hommes et de femmes marqués comme des animaux », a-t-elle indiqué. « Cette tragédie ne devrait être ni ignorée ni minimisée. »

La fonctionnaire européenne a noté la diminution du nombre de migrants prenant la mer, et souligné le travail réalisé en collaboration avec des agences de l’ONU, comme le Haut-Commissariat aux réfugiés, en plus des organes européens, comme Frontex, qui patrouillent en Méditerranée pour sécuriser les frontières, sauver les naufragés et contrer les trafiquants.

Federica Mogherini a également défendu les accords conclus entre l’UE et certains pays africains, comme la Libye, malgré les vivres critiques des ONG qui, assurent qu’à cause de ces accords les fonds européens finissent en réalité par aider les trafiquants.

Prodi dénonce l'inaction européenne en Libye

Romano Prodi, ancien président de la Commission, dénonce le manque d’action politique européenne dans le conflit libyen et les conséquences de ce silence sur la crise migratoire. Un article de notre partenaire, Italia Oggi.

L’UE cherche à former du personnel en Libye pour la gestion de sa frontière. Des organisations comme Proactiva Open Arms dénoncent cette méthode pour que les migrants ne prennent pas le chemin de l’Europe, ce qui entraîne plus de pression dans les centres de détention libyens.

À cet égard, l’eurodéputée espagnole Marina Albiol estime qu’à travers ses accords avec la Libye ou le Niger, l’UE « arme et finance ceux qui asservissent des êtres humains ».

« La politique de migration et d’asile de l’UE ne consiste plus à accueillir, mais au contraire, à faire en sorte que les migrants n’arrivent pas en Europe », dénonce-t-elle.

Pour Elena Valenciano (parti socialiste espagnol), le plus grand problème est que le Conseil a une stratégie à court terme et ne pense pas à des mesures durables pour résoudre la situation. « Les pays membres veulent des solutions immédiates donc ils ne donnent aucune chance à des solutions à long terme pour essayer de s’attaquer aux racines du problème », affirme-t-elle.

De son côté, Teresa Jiménez Becerril (Parti populaire) soutient que les réfugiés méritent mieux de la part de l’UE car « personne ne met sa vie en danger et celle de ses enfants si ce n’est pas pour fuir la mort. »

À l’instar de la justice européenne, elle demande par ailleurs aux États membres de respecter les quotas de relocalisation, « qui ne sont pas un choix, mais une obligation ».

Le débat a été en grande partie accaparé par les eurodéputés italiens, puisque la gestion migratoire a une importance particulière dans leur pays, très affecté par l’arrivée d’immigrants et de réfugiés à ses côtes.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime que 2 537 personnes ont perdu la vie en essayant de traverser la Méditerranée en 2017.

Les arrivées en Espagne par la mer, même si très éloignées des chiffres italiens, ont augmenté cette année. Selon l’UNHCR, l’agence de l’ONU pour les réfugiés, 9 738 personnes ont atteint les côtes au 16 août. Déjà plus que le total de 2016, qui était de 8 162 personnes.

L’Italie réclame davantage de solidarité sur la crise migratoire

La chancelière allemande, Angela Merkel et le président français, Emmanuel Macron, ont exprimé leur solidarité à l’Italie dans la gestion de l’immigration en Méditerranée, après avoir rencontré le Premier ministre italien, Paolo Gentiloni, à Trieste.