Varsovie campe sur sa position sur la question des réfugiés

La Pologne et la Hongrie refusent catégoriquement d'accueillir des réfugiés. [Orietta Scardino/EPA]

La relocalisation des migrants a beau atteindre un record cette année, la Pologne et la Hongrie refusent toujours catégoriquement de participer aux efforts européens. Un article d’Euractiv Pologne.

La relocalisation des migrants, principalement depuis l’Italie et la Grèce, a progressé de manière encourageante cette année, avec un record de 3 000 personnes réinstallées au mois de juin.

Exceptions notables : la Pologne et la Hongrie, qui, malgré la procédure d’infraction lancée contre les deux pays par la Commission européenne, s’obstinent, comme l’a confirmé Mariusz Błaszczak, ministre polonais de l’Intérieur et de l’Administration, dans une lettre envoyée à l’exécutif européen.

Dans cette lettre, le ministre informe également la Commission que Varsovie a demandé l’annulation de la procédure d’infraction.

Bruxelles sévit contre trois pays refusant les réfugiés

Après de vaines mises en gardes, Bruxelles s’est résignée à lancer des procédures d’infraction contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus obstiné d’accueillir des demandeurs d’asile depuis l’Italie et la Grèce.

Mariusz Błaszczak s’est toujours opposé au programme de relocalisation. « Dire que le système de relocalisation résoudra le problème des réfugiés est faux, c’est un mensonge. Cette politique de l’UE est dangereuse, pour ne pas dire suicidaire », a-t-il assuré au mois de mai. « La Pologne n’acceptera aucun réfugié. »

Dans sa lettre, le ministre répète son opinion sur le caractère dangereux et mal avisé de la relocalisation, répétant que la sécurité nationale relève des compétences exclusives de chaque État membre et indiquant que la Pologne refusait de laisser l’UE lui dicter quoi que ce soit en matière de « sécurité, intégration et questions sociales ».

« Paris, Stockholm, Bruxelles, Berlin, Manchester, Barcelone. Combien de villes européennes doivent-elles être attaquées par les terroristes avant que l’Union européenne se réveille ? Avant que la Commisison européenne admette finalement qu’accepter ‘aveuglément’ tous ceux qui atteignent les côtes européennes revient à passer un nœud coulant autour du cou du continent », écrit le ministre… dans la version polonaise.

Curieusement, ce passage, présent en polonais, est en effet absent de la version anglaise.

La Pologne tourne le dos à l’Europe, pour l’opposant Adam Michnik

L’opposant au régime communiste, Adam Michnik, fondateur du journal Gazeta Wyborcza, dénonce la dérive autoritaire du PiS, au pouvoir depuis 2015 en Pologne. Le parti conservateur agite « les démons de l’Histoire ». Un entretien de notre partenaire, Ouest-France.