L’ère Trump accélère les négociations commerciales entre l’UE et le Mexique

Cecilia Malmström a indiqué qu'un accord avec le Mexique était une priorité pour l'UE après la finalisation du CETA.

L’Union européenne a conclu le 7 avril son dernier cycle de négociations avec le Mexique, en mettant l’accent sur le développement durable, la transparence, les services et l’investissement. Un article d’Euractiv Espagne.

« Nous avons presque le texte complet de l’accord sur la table. Au cours du précédent cycle de négociations, nous avions déjà abordé le commerce des biens, les PME et les questions de concurrence », a cité une source européenne.

La rencontre du 7 avril constituait le troisième cycle de négociations commerciales entre l’UE et Mexico, les deux précédents ayant eu lieu en juin et en novembre derniers. Bruxelles a qualifié la conclusion d’un accord avec le pays d’Amérique latine de « priorité » et espère que les négociations aboutiront d’ici la fin de l’année.

Un premier accord international avait déjà été signé en 2000 entre les deux parties, mais les discours anti-libre-échange de Donald Trump ont poussé les dirigeants européens et mexicains à accélérer la négociation d’un nouvel accord.

La commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström, se rendra de nouveau au Mexique les 8 et 9 mai prochains afin de renforcer davantage les relations commerciales existantes grâce à un « partenariat sophistiqué et compétitif ».

«Les négociations commerciales UE-Mexique seront moins controversées que le TTIP»

Le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, s’est rendu à Bruxelles le 30 mai pour lancer un processus d’actualisation de l’accord commercial UE-Mexique, qui a déjà 16 ans. Dans une interview avec EURACTIV, il envisage de conclure un accord ambitieux d’ici à 2018.

« Des progrès notables » 

Le ministre adjoint mexicain de l’Économie, Juan Carlos Baker, a souligné les « progrès notables » réalisés lors des discussions de la semaine dernière à Bruxelles. Il a ajouté que ces progrès apportaient la « preuve de l’importance accordée aux négociations par les deux parties ».

Des sources européennes ont indiqué trois raisons pouvant expliquer la volonté des autorités de conclure l’accord d’ici la fin de l’année: premièrement, cela « vaut la peine » d’exploiter tout le potentiel des relations entre les deux parties; deuxièmement, le Mexique est un partenaire proche et les deux parties veulent approfondir leur coopération; et troisièmement, « il est maintenant temps de construire des ponts et de créer de la stabilité ».

D’importants obstacles semblent cependant apparaître sur le chemin du nouvel accord, comme les intérêts défensifs de l’UE en matière de biens, de services et de marchés publics. Bruxelles tentera également de pousser le Mexique à assouplir ses contrôles d’accès au gaz, au pétrole et aux matières premières.

Dans le secteur agricole, des sources ont indiqué à EFE que l’UE s’appliquera tout particulièrement à ne pas nuire aux intérêts de ses producteurs de laits et éleveurs de porcs « avant d’octroyer des concessions au Mexique ».

Encore de la croissance

« Le commerce des produits manufacturés est exempté de droits de douanes depuis 2008. Le commerce de biens agricoles peut encore énormément croître », a indiqué Juan Carlos Baker. « Même sur les sujets traditionnellement sensibles, tels que le commerce agricole, les deux parties veulent à présent progresser », a-t-il ajouté.

Sur la question des indications géographiques européennes, l’Union espère obtenir un « aussi bon résultat » que celui atteint pour le CETA avec le Canada.

Pour l’UE, améliorer les dispositions sanitaires et phytosanitaires précédentes est également une priorité. « Ce que nous voulons, c’est une plus grande ambition, pas des barrières commerciales. »

Un scandale sanitaire au Brésil met en péril l’accord UE-Mercosur

L’Union européenne insiste pour que les dirigeants brésiliens tiennent une réunion urgente afin de s’expliquer au sujet du scandale de la viande avariée impliquant deux grandes entreprises exportatrices du pays. Un article d’Euractiv Espagne.

L’accord révisé contiendra en outre des dispositions sur le dialogue politique et les mesures anti-corruption.

Prochaines étapes

  • Juin : prochain cycle de négociations au Mexique