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30/08/2016

Le FN tente de capitaliser sur l’attentat contre son « meilleur ennemi »

Nouveau Parlement

Le FN tente de capitaliser sur l’attentat contre son « meilleur ennemi »

Marine Le Pen et son père, en avril 2014. [EurActiv.fr]

Le parti d’extrême-droite reçu vendredi 9 janvier à l’Elysée se pose en victime alors que certains politiques refusent sa participation à la marche républicaine de dimanche 11 janvier.

Le quartier de l’Élysée à Paris était  bouclé par un contrôle de sécurité renforcé vendredi matin, alors que la présidente du Front national, Marine Le Pen, doit se rendre à l’Élysée pour évoquer notamment « l’exclusion de son parti » de la manifestation prévue ce dimanche.

Le parti d’extrême-droite, qui est aussi le premier parti de France au Parlement européen, a dans un premier temps appelé à distinguer les islamistes et l’islam radical, après le carnage de Charlie Hebdo mercredi 7 janvier. Mais s’est rapidement engouffré dans une victimisation en tentant de capitaliser sur l’émotion suscitée par le carnage.

>>Lire : En direct : la France en deuil après l’attentat contre Charlie Hebdo

Ainsi dès jeudi, Marine Le Pen a évoqué l’idée d’un référendum sur la peine de mort, une proposition ancienne du parti. La peine de mort a été officiellement supprimée en France en 1981 sous François Mitterrand, ce qui en fait un symbole du socialisme.

« Je veux offrir aux Français un référendum sur la peine de mort », a déclaré  la ténor du parti sur France 2. « A titre personnel, je pense que cette possibilité doit exister »

Le numéro deux, Florian Philippot, vice-président du mouvement, tient un discours bien loin de toute velléité d’union nationale réclamée par François Hollande et Nicolas Sarkozy.

« J’ai vu que même l’UOIF (Union des organisations islamiques de France) avait appelé à manifester. Ils auraient pu éviter dans ce cynisme absolu. Bientôt le Qatar va appeler à manifester aussi, c’est ça? », a déclaré le responsable politique.

Le FN tient un discours violent sur les « jihadistes français ». Cet été, le député européen Aymeric Chauprade avait appelé dans une tribune à leur élimination avant leur retour sur le sol national.

>>Lire : Un eurodéputé FN appelle à l’élimination des jihadistes français.

Le FN se pose en victime

Le parti a ensuite tenté de provoquer une polémique sur sa participation à la marche républicaine prévue dimanche après-midi, accusant les deux principaux partis de « manœuvre politicienne ».

La marche a initialement été lancée par les partis de gauche et tous les partis, mais aussi les syndicats et les associations appellent à participer.

Certains politiques se sont prononcés contre la participation du Front national à la manifestation, ce que la dirigeante du parti d’extrême-droite a utilisé pour se poser en victime. Dans la presse, les éditorialistes français alertent pour la plupart vendredi matin sur le risque de victimisation du parti. A l’exception de l’Humanité, qui estime de façon catégorique que « le FN n’a pas sa place », la presse locale  craint qu’exclure le FN serait « donner une nouvelle tribune à un parti qui va s’ériger en paria de la Nation », comme l’écrit Yann Marec dans le Midi Libre.

Charlie Hebdo, un des pires ennemis de Marine Le Pen

Le journal satirique victime de l’attaque et le Canard Enchaîné sont sans doute les pires ennemis de Marine Le Pen et du mouvement d’extrême-droite, qui font partie de ses cibles favorites. L’hebdomadaire a publié de nombreuses caricatures de Marine Le Pen et de son père, luttant sans relâche contre le mouvement. Il semble donc paradoxal que l’attentat contre Charlie Hebdo profite au FN, et pourtant. La page Facebook du FN a vu sa fréquentation progresser cette semaine de 383 %, avec 5000 personnes de plus.

Contexte

Le Front national est le premier parti français représenté au Parlement européen avec 23 eurodéputés, et se targue depuis les élections de mai 2014 d'être le premier parti de France.

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