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29/08/2016

Le vote pour le président de la Commission n’a intéressé que 5% des électeurs

Nouveau Parlement

Le vote pour le président de la Commission n’a intéressé que 5% des électeurs

Martin Schulz et Jean-Claude Juncker. Brussels, 30 août. [European Council]

Le choix du futur président de l’exécutif européen n’a motivé que 5% des votants lors des dernières élections européennes en mai 2014. Seuls l’Allemagne et le Luxembourg – pays d’origine des deux principaux candidats – ainsi que l’Autriche ont montré un intérêt légèrement supérieur.

L’innovation démocratique du traité de Lisbonne a laissé la majorité des citoyens européens de marbre lors des élections européennes de mai 2014. Interrogés dans le cadre d’une enquête post-électorale dans la foulée des élections européennes de mai 2014,

Le choix du président de la Commission ne fait pas recette

Interrogés sur l’influence des nouvelles dispositions institutionnelles du traité de Lisbonne, seulement 5% des personnes sondées ont répondu « pour influencer le choix du président de la Commission européenne ».

>> Lire : Les partis européens en ordre de bataille pour désigner leurs candidats

Au Luxembourg et en Allemagne, d’où sont respectivement originaires Jean-Claude Juncker et Martin Schulz, les deux principaux candidats à la présidence de la Commission européenne, l’intérêt des électeurs interrogés sur la question est cependant plus élevé. Il atteint 10% dans les deux pays. En Autriche, 12% des répondants affirment s’être rendus aux urnes en partie pour cette raison. La France se situe dans la moyenne européenne, avec 5%.

Les principales raisons d'aller voter Les principales raisons d’aller voter

>>Lire : Élections européennes 2014 : ce qui a changé

Cette enquête, menée pour le Parlement européen par TNS opinion auprès de 27.331 Européens en âge d’aller voter, relativise l’impact démocratique attendu de l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2009.

En effet, pour ces élections, le Parlement élit le président de la Commission sur la base d’une proposition du Conseil européen en prenant en compte les résultats des élections européennes (Article 17, alinéa 7 du traité sur l’Union européenne). Une nouveauté dont les partis politiques européens se sont emparés durant la campagne en désignant leur candidat à la présidence de la Commission, espérant ainsi ramener les électeurs européens aux urnes.

Participation en baisse

Mais la participation n’a pas été au rendez-vous, avec un taux de 42,54%, contre 43% en 2009.

>>Lire: Le taux de participation aux européennes n’a jamais été aussi bas

Participation aux élections européennesParticipation aux élections européennes

Cette moyenne européenne cache d’importantes différences entre les 28 États membres, qui peuvent atteindre 76,5 points de pourcentage entre la Belgique, ou le vote est obligatoire et la participation a atteint 89,6% et la Slovaquie ou elle s’est établie à 13,1%.

Un vote citoyen, une abstention protestataire

Comme en 2009, les  principales motivations des citoyens qui se sont rendus aux urnes relèvent de l’accomplissement de leur devoir civique (41 %), du fait de voter systématiquement (41 %), ainsi que dans le but de soutenir un parti politique dont ils se sentent proches (22 %).

L’Eurobaromètre relève cependant une baisse des raisons « purement européennes pour se rendre aux urnes. Ainsi, seuls 14 % des répondants ont cité la réponse « vous êtes pour l’UE » pour se rendre aux urnes, soit une baisse de 2 points par rapport aux élections de 2009.

La réponse « vous pouvez faire changer les choses en votant aux élections européennes » dégringole de 7 points pour ne séduire que 12 % du panel, et le sentiment d’être européen n’aura joué que dans 13 % des cas, mais reste stable.

La désapprobation à l’égard de l’UE a davantage motivé le vote des citoyens européens, selon le sondage, puisqu’ils sont 7 % à s’être rendus aux urnes pour cette raison, soit une hausse de 5 points par rapport à 2009. Le critère de la désapprobation à l’égard du gouvernement national gagne aussi 5 points pour atteindre les 10 %.

Chez les abstentionnistes, comme en 2009, le fait de ne pas voter est souvent le résultat d’un manque de confiance (23 %) et d’intérêt pour la politique en général (19 %), ou du sentiment que voter n’a pas de conséquence (14 %).

Manque de confiance dans les institutions

Si une majorité des personnes interrogées ont un avis plutôt positif sur l’Union européenne, la confiance qu’ils manifestent envers les institutions européennes, elle, s’érode.

En effet, celle-ci diminue dans 15 États membres par rapport à 2009 et connait un véritable recul dans les pays fortement touchés par la crise comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, et également en France.

En Italie, la confiance envers les institutions européennes n’atteint plus que 35 %, soit un recul de 25 points par rapport à 2009. Au Portugal, le recul de l’indice de confiance est à peine plus limité. Les Portugais sont 34 % à faire confiance aux institutions de l’UE, un recul de 24 points.

En Espagne (38 %,  recul de 21 points), à Chypre (48 %, recul de 18), en Grèce (39 %, recul de 12), la cote de popularité est également durement touchée. Seule l’Irlande, parmi les pays ayant été placés sous assistance financière de l’UE, ne fait pas partie de pays les plus pessimistes.  En France, seuls 36 % des répondants font encore confiance aux institutions, en baisse de 10 points.  

Contexte

 taux de participation lors des huitièmes élections européennes a joué un rôle important. De 1979 à 2009, le taux de participation est passé de près de 62 % à 43 %.

La confiance dans l'UE a également enregistré des taux historiquement bas au cours des dernières années, tout comme au niveau national. Le Parlement européen a mené une campagne dans les médias sociaux à grande échelle en vue d'inciter plus de citoyens à aller voter.

La désignation des candidats à la présidence de la Commission européenne s’inscrit également dans le cadre de cet objectif.

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