Accord européen sur les quotas de pêche 2018 en mer Baltique

Les quotas de cabillaud ne permettront pas de respecter le rendement maximum durable. [Angel Simon/Shutterstock]

Les ministres européens de la pêche et la Commission européenne se sont accordés, le 10 octobre, sur une baisse très modérée des quotas de cabillaud en mer Baltique en 2018. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Le total admissible de capture (TAC) du cabillaud en Baltique occidentale ne change pas. Il s’élèvera à 5 597 tonnes en 2018 comme en 2017. Il ne baissera que de 8% en Baltique orientale, pour atteindre 28 388 tonnes, alors que la Commission avait proposé une baisse de 28% par rapport à 2017. Le commissaire européen à la pêche Karmenu Vella a reconnu que des «compromis» ont dû être trouvés pour les stocks de cabillaud, pour «prendre en compte la dépendance de certaines pêcheries de petite taille à ces stocks et leurs spécificités».

Les TAC visant le hareng enregistrent une baisse de 7% dans le golfe de Riga (28 999 tonnes en 2018), de 39% en Baltique occidentale (17 309 tonnes) et de 40% dans la mer de Botnie (84 599 tonnes), mais une hausse de 20% en Baltique centrale.

Les quotas de plie régressent de 10% (7 076 tonnes), soit deux fois moins que la proposition de Bruxelles. Pour le saumon, la baisse s’élève à 5% (91 132 tonnes pour le bassin principal et 10 003 tonnes pour le golfe de Finlande). Les stocks de sprat augmentent de 1% (262 310 tonnes).

Impasse sur l’anguille

Enfin, le sort de l’anguille n’est pas tranché. Les ministres européens ont en effet décidé de reporter leurs discussions à une date ultérieure. Bruxelles avait proposé d’interdire totalement cette pêche en raison de l’état critique du stock.

«Les ministres ont encore une fois fixé certaines limites de capture à des niveaux supérieurs à ceux recommandés par les scientifiques, sans fournir de justification pour expliquer leurs décisions. Des stocks-clés de cabillaud et de plie vont donc pouvoir être surexploités en mer Baltique en 2018, privant ainsi les pêcheurs des gains économiques qu’aurait pu apporter une reconstitution durable des stocks», a réagi Andrew Clayton, de l’ONG Pew.

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