L’idée d’un label européen de transport maritime durable émerge

90% des marchandises sont transportées par voie maritime au niveau mondial. [Nightman1965/Shutterstock]

Dans un avis adopté ce 12 avril, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) formule une série de recommandations visant à faire évoluer la politique européenne du transport maritime. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

Selon le CESE, le transport maritime présente, au niveau européen, 6 enjeux prioritaires dont deux sont directement liés à l’environnement: la création d’une filière vertueuse de démantèlement et la limitation des émissions des navires.

Équation économique

Côté démantèlement, le facteur économique ralentit toujours la création d’une véritable filière européenne, qui sera pourtant obligatoire à partir du 31 décembre 2018. « Cela coûte environ 2 millions d’euros de faire démanteler un navire en Europe alors que cela en rapporte entre 4 et 5 M€ de l’envoyer en Asie grâce à la vente de l’acier », observe Jacques Beall, rapporteur de l’avis et vice-président de Surfrider Foundation Europe.

Pour l’heure, seuls quelques navires étatiques sont recyclés dans l’UE, tandis que la crise environnementale et sanitaire augmente en Asie.

Au niveau mondial, les trois quarts des navires en fin de vie s’échouent toujours sur les plages du Sud-Est asiatique, selon le dernier bilan dressé par la Commission européenne. « Cela représente entre 40.000 et un million de tonnes de produits toxiques envoyés chaque année en Asie. Ceux-ci sont ensuite traités par des employés sans aucune protection sanitaire », rappelle Jacques Beall.

Les pays européens sceptiques sur l'application de l'ETS au transport maritime

Les ministres de l’Environnement se sont rencontrés le 28 février à Bruxelles pour se pencher sur la révision du système européen d’échange de quotas d’émissions (ETS) après 2020.

Un label de transport durable

Parmi ses recommandations, le Cese appelle notamment à la mise en place d’un programme européen adossé au plan Jucker, afin de favoriser les investissements privés dans l’UE. Il recommande aussi une large ratification de la convention de Hong-Kong, qui doit faciliter le recyclage écologique des navires. Elle n’est pour l’instant ratifiée que par 6 pays, dont la France, alors que 15 signatures, au minimum, sont nécessaires. Autre suggestion plus originale: créer un label européen de transport maritime durable, dont l’un des critères se baserait sur le recyclage.

Interdiction du fioul lourd

Autre enjeu: limiter les émissions du secteur. Si le transport maritime est efficace sur le plan énergétique (5 fois plus que le transport routier et 13 fois plus que le transport aérien), il émet du CO2 et des polluants atmosphériques. Première idée: interdire le fioul lourd et lui préférer le diesel marin et le GNL en attendant de nouveaux carburants plus écologiques, comme l’hydrogène.

Autre piste: créer des zones de contrôle d’émission, sur le modèle de la zone en cours de réflexion en Méditerranée. « L’idée serait d’associer tous les États riverains, y compris en dehors de l’UE, et de limiter les émissions des polluants. Le soufre serait par exemple limité à 0,1%, ce qui interdit de facto le recours au diesel lourd », explique le rapporteur de l’avis.

Enfin, le Cese recommande de limiter la vitesse des navires dans les eaux communautaires et de doter toutes les installations portuaires d’unités de traitement des eaux usées.

La dépollution du transport maritime se profile

L’Organisation maritime internationale pourrait encadrer les émissions de CO2 et de soufre des grands navires de commerce. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.