Ouverture d’une enquête pour atteinte à l’environnement contre ArcelorMittal

Un employé affirme avoir être obligé de déverser, chaque jour, 28 mètres cube d'acide. [JDLE]

Le parquet de Thionville (Moselle) a ouvert, le 4 juillet,  une enquête préliminaire pour atteinte à l’environnement, suite à déversements d’acide sur le site d’ArcelorMittal de Florange. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.

C’est la première conséquence des révélations d’un ancien employé publiées dans le quotidien Le Républicain lorrain. Ce ne sera sans doute pas la dernière. Sous contrat avec Suez RV Osis Industrial Cleaning, sous-traitant d’ArcelorMittal, l’employé a ainsi affirmé qu’il avait été contraint de déverser, plusieurs fois par jour et pendant trois mois, 28 mètres cube d’acide sur le crassier (zone de stockage des scories des hauts fourneaux) de Hayange. Pendant l’hiver, l’usine était à l’arrêt. L’employé aurait légalement dû livrer ces résidus toxiques à un centre de traitement agréé. Mais ils sont jetés sur le crassier, qui se trouve en contact avec les cours d’eau de la région. L’employé a ajouté que son accès à la zone de stockage avait été facilité en échange «d’enveloppes». Les bons de livraison indiquaient «boues de fer» au lieu «d’acide usagé». L’enquête judiciaire est confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire selon la procureure Christelle Dumont.

Plainte contre X

Le président de l’agglomération du Val de Fensch, Michel Liebgott, a ensuite confirmé qu’il y avait bien eu des déversements d’acide, mais qu’il n’en connaissait pas l’importance exacte. Il envisage de porter plainte contre X.

Comité d’entreprise extraordinaire

De son côté, la direction d’ArcelorMittal a nié, dans un communiqué, toute responsabilité dans ces déversements irréguliers. «Si ces faits étaient avérés, ils seraient le fait de personnes isolées au sein d’ArcelorMittal ou des entreprises sous-traitantes», écrit-elle à l’issue d’un comité d’entreprise extraordinaire qui s’est tenu le 3 juillet à Florange. Elle a ajouté réfléchir, elle aussi, à déposer une plainte et précisé «qu’aucun risque sanitaire ni environnemental pour les populations n’était à signaler». Elle a enfin lancé une enquête interne pour «faire toute la lumière sur les faits». «Si les faits relatés étaient avérés, ils seraient extrêmement graves et contraires à toutes les règles d’ArcelorMittal en matière de gestion des résidus»poursuit-elle.

Enquête de la Dreal

La Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) a été sollicitée pour effectuer à son tour une enquête qui permettrait d’évaluer l’ampleur des déversements et de leurs conséquences sur l’environnement.

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