Aller au travail à vélo réduit les risques de cancer

Près de 35 millions d'Européens utilisent le vélo comme principal mode de transport. [Nelson L./Flickr]

Les 35 millions d’Européens qui utilisant leur vélo au quotidien réduisent considérablement le risque de maladies cardiovasculaires et de cancer, d’après une nouvelle étude britannique réalisée par des chercheurs de Glasgow.

L’étude a analysé le comportement de 260 000 citoyens britanniques pendant cinq ans. Les chercheurs ont constaté que les personnes voyageant régulièrement en vélo avaient 45 % de probabilités en moins de développer un cancer, 46 % de probabilités en moins d’être atteintes d’une maladie cardiovasculaire, et moins de risques de mourir de toute autre pathologie (41 %).

L’étude, publiée dans le British Medical Journal, a également souligné qu’un mode de déplacement actif pour aller au travail, à savoir le vélo ou la marche, était vivement recommandé étant donné qu’il serait ainsi plus facile de faire de l’exercice quotidiennement plutôt que d’aller à la salle de sport.

Routine quotidienne

« Vu que nous devons nous rendre au travail tous les jours, nous n’avons plus qu’à intégrer le trajet en vélo dans notre routine quotidienne. Ainsi, nous n’aurons plus besoin de trouver la motivation d’aller au sport », a indiqué le Dr Jason Gill de l’université de Glasgow sur le site internet de BBC News.

« Ce dont nous avons vraiment besoin est d’une adaptation des infrastructures afin de faciliter les déplacements à vélo, notamment de nouvelles pistes cyclables, des emplacements pour les vélos dans les trains, des douches au travail », a-t-il ajouté.

Les cyclistes ayant participé à l’étude parcouraient environ 48 km par semaine. Il est apparu que les bienfaits sur la santé étaient proportionnels au nombre de kilomètres parcourus.

Marcher pour aller au travail diminuerait également le risque d’être atteint d’une maladie cardiovasculaire, principalement pour les personnes marchant plus de 9 km par semaine. Les personnes combinant la marche et les transports en commun ont également ressenti des bienfaits sur la santé.

Les pays européens inégaux devant l'obésité infantile

D’après un récent rapport, les familles ne sont pas en mesure de lutter contre l’obésité sans l’aide du gouvernement dans les pays européens

D’après l’étude, même après la prise en considération de conséquences liées au tabagisme, au régime alimentaire ou au poids, un mode de déplacement actif présentait toujours des avantages pour la santé. Cela peut s’expliquer par le fait que les cyclistes sont en général plus maigres et présentent moins d’inflammation dans le corps.

« Cette étude montre les avantages d’une activité physique intégrée à notre quotidien », a précisé Clare Hyde du centre de recherche britannique pour le cancer.

Tendances européennes

La fédération européenne des cyclistes (ECF) a salué le rapport, indiquant que les 35 millions d’Européens utilisant leur vélo au quotidien vivaient en général une vie plus longue et plus saine et avaient une meilleure santé mentale grâce aux bienfaits de l’activité physique.

« En plus de permettre aux travailleurs d’échapper aux embouteillages et à la pollution atmosphérique, se déplacer à vélo permet également de réduire l’absentéisme au travail, d’améliorer la santé des enfants et d’augmenter le bien-être », a confié Adam Bodor, directeur d’ECF, à Euractiv.

L’Organisation mondiale de la santé a créé un outil permettant de mesurer ces bienfaits en termes économiques. Il vise à aider les spécialistes réalisant actuellement une évaluation des bienfaits sur la santé de la marche et des déplacements à vélo.

L’outil HEAT a estimé que le vélo permettait de prévenir 27 860 morts prématurées chaque année grâce à l’exercice physique, et de réaliser 96,5 milliards d’économies.

La Grèce veut en finir avec la corruption dans son système de santé

Le ministère grec de la Santé a annoncé cette semaine la création d’une plateforme électronique visant à lutter contre la corruption dans le système de santé et à protéger la « dignité » des patients.

Vers une stratégie européenne du cyclisme

À l’heure actuelle, les niveaux d’utilisation du vélo varient de manière significative entre les différents États membres de l’UE. D’après le baromètre ECF cyclisme, les pays scandinaves et ceux du nord de l’Europe sont en tête du classement, tandis que les pays méditerranéens restent en queue de peloton. Le Danemark et les Pays-Bas sont ainsi premiers, tandis que le Portugal et la Roumanie enregistrent les pires résultats.

D’après Adam Bodor, l’ECF élabore actuellement, avec un groupe de parties prenantes du domaine des transports, « une ébauche de stratégie européenne du cyclisme » qui sera remise à la commissaire européenne à la mobilité et aux transports, Violeta Bulc, lors de la conférence Velo-city 2017, en juin prochain.

« La stratégie européenne a différents objectifs, tels que la création d’emplois, la réduction du trafic et du nombre d’accidents de la route, l’amélioration de l’environnement et de la santé publique, et la lutte contre le changement climatique », a-t-il souligné, indiquant que les bienfaits du vélo s’étendaient à plusieurs domaines.

« De l’échange de bonnes pratiques sur les infrastructures à la conception de transports pouvant accueillir les vélos en passant par la collecte de données, l’UE a le pouvoir de mettre en application et de promouvoir l’utilisation du vélo dans nos villes », a-t-il conclu.

Le « paquet développement durable » de la Commission : une première étape qui en appelle d’autres

Le 22 novembre dernier, la Commission européenne a présenté sa stratégie pour mettre en œuvre l’Agenda 2030 de l’ONU et les Objectifs du développement durable (ODD) à travers trois communications. Mais pour Damien Demailly, ce n’est qu’une première étape.