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29/07/2016

Chômage : un rapport précise les contours de la garantie jeunesse

Politique régionale

Chômage : un rapport précise les contours de la garantie jeunesse

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Inspiré d’une initiative européenne, le dispositif profitera à 10 000 jeunes la première année. Ils seront dix fois plus nombreux à terme. L’UE va cofinancer ce programme.

Propulsé en haut de l’agenda politique européen, l’emploi des jeunes va faire l’objet d’une initiative déclinée dans plusieurs pays de l’UE, conformément au souhait exprimé en février par les ministres du Travail.

En septembre, 10 territoires pourront expérimenter la garantie jeunesse, qui vise à accélérer et à améliorer la prise en charge des 18-25 ans sortis du système scolaire et sans ressources, le RSA n’étant versé que s’ils ont cumulé 2 ans de travail à temps plein. C’est donc cette zone grise dans laquelle évoluent les ni-ni (ni dans l’emploi, ni dans la formation), qu’il s’agit de combler.

Un rapport remis le 5 juin au premier ministre en balise les contours. Pendant la première année, 10 000 jeunes devraient bénéficier de cette « garantie », qui permet de cumuler une allocation de ressources (dont le mode de calcul reste à définir) avec un suivi privilégié par les missions locales. L’outil sera élargi à l’ensemble du pays d’ici 2016, pour viser 100 000 jeunes par an.

Eviter l’exclusion de certains territoires

Les missions locales sont tenues de proposer, “à échéances régulières”, “des propositions d’emploi ou de formation susceptibles de nourrir” le parcours des jeunes, explique le rapport, coordonné par Emmanuelle Wargon, déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle et Marc Gurgand, directeur de recherche au CNRS.

Contrairement à ce que propose la Commission européenne, la France n’a pas retenu la contrainte d’un délai de 4 mois, au terme duquel les services de l’emploi sont censés apporter une réponse adaptée à la recherche d’emploi des jeunes chômeurs.

Concernant le financement du dispositif, le document précise l’usage fait des fonds européens. Les 6 milliards d’euros (3 milliards proviennent du Fonds social européen, le reste d’une initiative spécifique) profitent en priorité aux régions où le taux de chômage des jeunes est supérieur à 25%. Outre les quatre collectivités ultramarines, la Champagne Ardenne (25,6 %), la Picardie (28,2 %), la Haute-Normandie (27,5%), le Nord-Pas-de-Calais, (35,1 %), l’Aquitaine (25,1%), l’Auvergne (27,9%) et le Languedoc-Roussillon (38,3%) sont mentionnés dans le rapport.

Une démarcation trop stricte entraînerait inévitablement l’exclusion de départements possédant quantité de jeunes sans-emploi, mais situés dans des régions riches où le chômage juvénile n’atteint pas 25%. La Seine-Saint-Denis craignait par exemple de passer à la trappe. Pour éviter ces effets de seuil, 10% de l’enveloppe nationale de fonds européens consacrés à l’initiative jeunes pourront être redéployés vers ces territoires.