Les fonds européens s’adaptent à la crise des réfugiés

Jean-Claude Juncker et Corina Cre?u . [European Commission]

Les États membres pourraient utiliser certains fonds européens de manière plus flexible, afin de mieux gérer la crise des réfugiés, a annoncé Corina Cre?u, la commissaire européenne à la politique régionale.

Le 23 septembre, la commissaire à la politique régionale a indiqué que la Commission souhaite que fonds européens contribuent davantage à la résolution de la crise des réfugiés.

Cette déclaration est une bonne nouvelle pour les pays les plus durement touchés par la crise, comme la Grèce et l’Italie. En effet, plus de 245 000 réfugiés sont arrivés en Grèce, pour la plupart via les îles proches de la Turquie, et environ 116 000 en Italie.

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Le tourisme grec souffre considérablement de la crise des réfugiés, puisque certaines des destinations préférées des vacanciers en Grèce, comme les îles de Lesbos et Samos, se sont transformées en port d’arrivée des réfugiés fuyant les zones de conflits dans le Moyen-Orient, et particulièrement la Syrie.

Flexibilité

Corina Cre?u a souligné que plus de 20 milliards d’euros étaient déjà disponibles pour des programmes liés à l’intégration sociale pour la période 2014-2020.

« J’invite [les États membres] à s’adresser à moi et à mes services sans plus tarder. Nous sommes totalement ouverts à une réorientation des programmes afin que ceux-ci puissent être adaptés aux nouvelles circonstances », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que la priorité des programmes ne dépend souvent que des besoins des États.


Dans une résolution adoptée le 4 septembre, l’union des régions grecques a appelé la Commission à envisager une modification des priorités des programmes interrégionaux et transfrontaliers, afin que celles-ci comprennent le problème de l’immigration et l’intégration des réfugiés.

Cet appel a été réitéré le 21 septembre lors d’une réunion entre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président de l’union des régions grecques, Kostas Agorastos, à Bruxelles.

Réactions

Christiana Kalogirou, gouverneur de la région Égée-Septentrionale, a salué la décision de la Commission. « Je me félicite de la décision de la Commission européenne, qui s’inscrit dans la direction souhaitée par les régions grecques depuis le début de la crise de l’immigration. Cette avancée doit à présent être rapidement adaptée [à chaque situation], afin qu’elle puisse être concrétisée sans délai. Les problèmes auxquels nous sommes confrontés sont d’une urgence extrême et nous devons agir rapidement. »

« Il est urgent de s’atteler à la crise des réfugiés, mais le financement des actions à mener et des infrastructures ne doit pas se faire au détriment des autres infrastructures nécessaires dans les régions », rappelle quant à lui Giorgos N. Stasinos, président de la Chambre technique grecque à EURACTIV. « Il faut trouver des financements supplémentaires pour des infrastructures et logistique nouvelles. »