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28/09/2016

Pour Bruxelles, la baisse des dépenses sociales a été un accélérateur de crise

Politique régionale

Pour Bruxelles, la baisse des dépenses sociales a été un accélérateur de crise

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Dans un rapport, la Commission européenne reconnaît que les coupes budgétaires dans les indemnités de chômage ou les pensions ont pu avoir un effet récessif. L’austérité a anéanti l’effet stabilisateur des dépenses publiques.

Les dépenses publiques portent les stigmates de trois ans de crise analysés à travers les éléments dominants du surendettement et de la sanction des marchés. Mais les coupes à la hache dans les budgets sont-elles plus dangereuses que l’excès présumé de dépenses ?

Sans le formuler aussi clairement, la Commission européenne regrette que les dépenses sociales aient été sacrifiées sur l’autel de l’austérité, empruntant ainsi un registre dans lequel elle est peu attendue. « Cette diminution des dépenses sociales a été beaucoup plus forte que lors des récessions passées », note l’exécutif, qui publie, mardi 26 mars, un rapport sur la situation sociale et l’emploi dans l’UE.

En période de vaches maigres, les budgets publics sont censés contrer la conjoncture, les dépenses sociales comblant les pertes de revenus liés aux destructions d’emploi. La consommation peut ainsi se maintenir. Mais la contraction des budgets a anéanti l’effet de « stabilisateur économique » des systèmes de protection sociale, ce qui a « peut-être contribué à aggraver la récession, du moins à court terme », admet Bruxelles.

Quand les budgets ne compensent plus la crise

En 2009, au pire moment de la crise financière, tous les postes de dépenses sociales de l’UE (chômage, famille, retraites, santé, exclusion) grimpent brusquement. Mais l’augmentation de 5,5% constatée cette année-là laisse place, deux ans plus tard, à une très nette chute (voir graphique ci-dessous).

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« Les dépenses de protection sociale ont joué un rôle capital en compensant les pertes de revenus des ménages au début de la crise et ont contribué à stabiliser l’économie. Leurs effets se sont estompés au milieu de 2010 pour devenir négligeables en 2012, même dans les pays où le chômage continuait de progresser », remarque la Commission.

Le contenu des mesures adoptées et leur effet sur l’économie varie en fonction des pays. Les coupes dans les retraites ont par exemple été particulièrement profondes en Roumanie et au Portugal. Dans ce pays, comme en Grèce et en Lituanie, les émoluments des fonctionnaires ont été une variable d’ajustement très importante. Des phénomènes également repérés en Espagne, où la population subit, de surcroît, une montée en flèche des taxes et des impôts, à l’instar de la Grande-Bretagne, de l’Italie et de la Grèce. Le revenu disponible de la population hellénique a ainsi chuté de plus de 20% entre 2008 et 2012, quand il progressait d’environ 1% en France, de 2,5% en Allemagne et de plus de 10% en Suède.

 

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