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19/01/2017

Une coopération tout en couleur entre Utrecht et León

Politique régionale

Une coopération tout en couleur entre Utrecht et León

Le quartier de Leon, au Nicaragua.

Édition spéciale. Un nouveau quartier coloré est né à León, la deuxième plus grande ville du Nicaragua, grâce à un projet en coopération avec Utrecht.

Les deux villes universitaires d’Utrecht et de León, sont jumelées depuis 1983. Elles font toutes deux plus ou moins la même taille et comptent environ 250 000 habitants.

La ville d’Utrecht a assisté les autorités locales de León sur des tâches municipales comme la gestion des eaux urbaines, la planification stratégique, l’expansion urbaine et la reforestation entre autres. Utrecht est membre de VNG International (branche internationale de l’association des villes néerlandaises), elle-même membre de Platforma, le réseau européen d’autorités locales et régionales pour le développement.

Le projet le plus important a toutefois commencé il y a 15 ans. Il s’agit de l’expansion urbaine de la partie sud-est de León.

Tout juste de retour d’une autre mission au Nicaragua, Étienne de Jager, chef de projet de la ville d’Utrecht, a déclaré à EurActiv qu’à cette époque, la demande de logements était très forte. À la base, les maisons devaient être destinées à des personnes à faible et à moyen revenu.

Des terrains ont été achetés pour bâtir 5 000 maisons. Le projet incluait l’achat des terres, la création de nouveaux quartiers, la construction de routes, la gestion des eaux pluviales, la réservation de zones pour les écoles, les parcs et les centres de soin, la construction d’infrastructure et la participation de la population. La population a participé à toutes les phases du programme, de la planification à l’exécution en passant par l’entretien. 

Building an Alley in León South EastBuilding an Alley in León South East

Il y a huit ans, la stratégie est devenue plus ambitieuse. Les plans se sont développés pour construire un quartier entier où les gens pouvaient se sentir bien, en sécurité et profiter de la vie. Depuis le début, le développement durable et la protection de l’environnement sont au centre du projet.

Stimuler l’échange de connaissance

Au Nicaragua, les experts locaux sont sélectionnés selon des capacités spécifiques telles que la construction et la gestion. L’échange de connaissances se fait durant les visites d’étude de l’équipe de León à Utrecht. Les membres de l’équipe ont aussi participé à des formations et des études au Nicaragua et dans d’autres pays d’Amérique centrale pour stimuler l’échange de compétences au sein d’une zone géographique donnée.

Les ONG et organisations internationales ont aussi été impliquées dans d’autres projets comme des latrines, une maison communautaire, des écoles, des parcs et même un orphelinat. Les organisations locales ont fourni des prêts pour encourager le développement économique local ou la création de programmes sociaux impliquant des enfants, des femmes et des adolescents. 

A school being built in León South EastA school being built in León South East

Tous ces efforts ont payé : aujourd’hui, 20 000 personnes vivent confortablement et en toute sécurité dans le quartier.

« Je ne connais aucun autre projet de cette ampleur, non seulement au Nicaragua, mais dans toute l’Amérique centrale », s’est félicité Étienne de Jager.

Les deux villes sont très fières de ce programme et Utrecht est déterminé à le suivre jusqu’à ce qu’il devienne totalement indépendant.

L’argent obtenu en vendant les maisons a servi à alimenter un fonds de roulement. Avec ce dernier, León achète de nouvelles terres et ainsi de suite.

Interrogé sur l’apport financier d’Utrecht, Étienne De Jager a affirmé que durant les cinq dernières années, la ville avait dépensé 100 000 euros par an pour le projet, soit un demi-million d’euros au total. L’argent a principalement été utilisé pour construire des rues et pour l’éclairage. Le conseil municipal de León et la Banque mondiale ont également apporté leur contribution financière.

Les financements privés-publics ont permis de voir la contribution d’Utrecht multipliée par 20.

>> Lire : La Commission prêche la financiarisation du développement

Étienne De Jager explique que la majorité des habitants appartenaient à l’origine aux classes moyennes ou pauvres, mais que comme le quartier est devenu plus agréable, des personnes aux revenus plus élevés, comme des médecins ou des avocats, sont venues s’y installer, ce qui a créé un meilleur mélange social.

« Le maire de León est très content, puisqu’il répond au besoin de logement de la ville », ajoute-t-il.

Waste processing plant in León South EastWaste processing plant in León South East

L’absence de bidonville a récemment fait de León la ville la plus sûre d’Amérique centrale.

Elle pourrait à présent également profiter du statut de ville très verte. La municipalité de León s’est en effet associée au centre pour l’environnement d’Utrecht (Milieucentrum Utrecht) et contribue à rendre la planète plus verte et durable en plantant des forêts dans la région.

Contexte

Les gouvernements locaux et régionaux jouent un rôle très important de conscientisation des citoyens sur l’importance de la coopération au développement, mais aussi de promotion du partage de connaissances, afin de rendre l’aide extérieure plus efficace.

Depuis sa création en 2008, PLATFORMA est la voix des gouvernements locaux et régionaux européens qui s’impliquent dans la coopération décentralisée, de ville à ville ou de région à région.

La mission de l’organisation est d’améliorer la reconnaissance du travail des gouvernements locaux ou régionaux dans la coopération internationale, d’approfondir le dialogue avec les institutions européennes et de promouvoir une coopération décentralisée efficace pour le développement des pays partenaires.

Ses 34 membres sont notamment des associations de gouvernements locaux ou régionaux au niveau national, européen ou mondial, ainsi que des villes, provinces et régions individuelles. Basée à Bruxelles, son secrétariat est accueilli par le Conseil des communes et régions d’Europe (CCRE).