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28/09/2016

Les Pays-Bas veulent une présidence concrète

Politique

Les Pays-Bas veulent une présidence concrète

La présidence tournante du Conseil de l’Union européenne a échu aux Pays-Bas début janvier. Ambassadeur des Pays-Bas auprès de la France depuis 2012, Ed Kronenburg détaille les sujets qui tiendront l’UE en haleine dans les 6 prochains mois.

Les Pays-Bas viennent de prendre la tête présidence tournante du Conseil de l’UE.  Comment envisagez-vous les six prochains mois ?

Nous aurons à cœur de gérer au mieux, concrètement, l’application de décisions importantes qui ont été prises, et qui doivent être mises en œuvre. Par exemple la répartition de 160.000 réfugiés, la mise en place des « hotspots ». Notre ambition est d’avancer sur ces dossiers brûlants qui ne progressent pas assez vite.

Nous souhaitons aussi briser les barrières qui demeurent à l’intérieur de l’Union européenne, par exemple sur le sujet du marché intérieur. Enfin, nous aurons à cœur d’améliorer la coordination des politiques économiques et budgétaires, dans le cadre du semestre européen. Par exemple, le suivi des recommandations par pays sur la politique économique et budgétaire n’est pas optimal pour l’instant.

La façon dont fonctionne la coordination des politiques des États membres ne vous satisfait pas totalement ?

Nous souhaitons qu’il y ait plus d’échanges. Aujourd’hui, dans le cadre du semestre européen, la Commission et le Conseil, en étroite collaboration avec le pays concerné, déterminent des recommandations concrètes pour des réformes structurelles, mais ils ne sont pas toujours suivis. Nous voudrions créer plus de dialogue, ce qui permettra de discuter des meilleures pratiques. Le suivi et l’échange pourraient se dérouler dans le cadre de l’Ecofin. Nous ne visons aucun pays en particulier, c’est une question de méthode qui pourra permettre à tous les Etats membres de garantir la viabilité de leurs finances publiques et des mesures prises pour stimuler la croissance et l’emploi. 

Un référendum sera organisé en mars aux Pays-Bas à propos de l’accord d’association que l’UE a signé avec l’Ukraine. La question posée en filigrane n’est-elle pas « êtes-vous pour ou contre l’Union européenne » ?

Oui, c’est toujours un risque. La question d’un referendum est souvent détournée de son objet premier. Donc la réponse qui sera donnée n’a pas forcément grand rapport avec le sujet, c’est un fait. Et je ne suis pas sûre que 30 % des votants se déplacent, ce qui représente le seuil minimal pour que le referendum soit validé. Je rappelle qu’il s‘agit d’un referendum consultatif, qui n’est pas un résultat d’une initiative du gouvernement, mais qui va être organisé à l’appel d’une association civile. C’est la première fois qu’un tel référendum est organisé.

Le referendum britannique sur le Brexit devrait avoir lieu sous la présidence néerlandaise. C’est un danger pour l’UE ?

Je suis optimiste sur le référendum britannique, parce que les Britanniques verront quel est leur intérêt. Le fait de rester en UE est nettement plus évident. Mais pour justifier l’intérêt de la cohésion politique, il faut que l’on sache gérer les crises ensemble, il faut aussi pouvoir démontrer cela durant notre présidence, y compris sur la question des réfugiés.

La COP21 et son application font partie de votre programme…

Oui, nous pensons qu’il faut accélérer les choses, et revoir les engagements au plus vite, notamment au niveau de l’Union européenne. La présidence des Pays-Bas est déterminée à faire bouger les lignes. Nous allons aussi nous pencher sur la question de l’Union de l’énergie.

La Hongrie et la Slovaquie ont déposé une plainte auprès de la Cour de justice de l’Union européenne contre la décision de répartition des réfugiés au sein de l’UE. Comment percevez-vous ce mouvement ?

Notre position, c’est que les décisions qui ont été prises doivent maintenant être appliquées. Il faut tout simplement que les engagements soient respectés. D’ailleurs, cela ne concerne que 160.000 personnes, alors que les réfugiés sont des millions. La Turquie en accueille 3 millions ! Nous allons tout faire pour que le plan d’aide à la Turquie de 3 milliards d’euros soit bien financé comme prévu. Certains pays n’ont pas encore apporté leur contribution financière, ils doivent le faire, puisque la décision est actée.