À Riga, l’UE veut différencier les pays du Partenariat Oriental

La ville de Riga accueille le sommet du Partenariat Oriental du 20 au 22 mai

Les relations avec l’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie sont destinées à être approfondies. L’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Biélorussie font aussi partie du projet, mais dans une optique différente.

C’est un changement de doctrine qui va être proposé aux pays du Partenariat oriental réunis à Riga du 20 au 22 mai. Le groupe des 6, soit l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, n’est plus identifié comme un bloc commun par l’UE, qui leur avait en décembre 2013 proposé la signature d’accords d’association. Lors de ce sommet de Vilnius qui est désormais passé dans l’histoire, le volte-face de dernier moment du président Yanoukovitch avait précipité la crise en Ukraine : son refus de signer l’accord d’association avec l’UE avait entraîné des protestations continues jusqu’à son départ.

>> Lire l’interview d’Hélène Blanc: « Poutine méprise l’UE car elle n’a pas d’armée »

Deux cercles distincts

Echaudée par la guerre qui sévit depuis en Ukraine dans le Donbass et l’annexion de la Crimée par la Russie, l’UE avance désormais à pas feutrés. « Nous avons beaucoup travaillé avec les pays concernés, et nous estimons qu’il faut prendre en compte les spécificités de chacun » assure une source française à l’Elysée. Des relations plus étroites seront privilégiées avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie, alors que l’Azerbaïdjan, l’Arménie et la Biélorussie feront partie d’un cercle plus lache.

Le président Hollande, qui avait participé au sommet de Vilnius, contrairement aux trois autres précédents rassemblements du Partenariat Oriental, s’est beaucoup impliqué dans les négociations, une étape difficilement contournable dans la mesure où la France se mobilise déjà au sujet de la paix en Ukraine. François Hollande a notamment été en Azerbaïdjan et en Arménie au début du printemps notamment pour évoquer la question du conflit du Haut-Karabakh, et conforter les liens économiques avec la France, notamment en matière d’énergie.

>>Lire : La France reconnait un regain de tension dans le Haut-Karabakh

L’Union économique eurasiatique en toile de fond

« Il n’est pas incompatible de souhaiter faire partie de l’Union économique eurasiatique et de s’engager dans une accord d’association avec l’UE, comme le montre l’exemple de l’Arménie. Nous ne voulons pas créer un nouveau rideau de fer, il ne faut pas être dans une logique d’opposition » assure la source française. Lancée par la Russie, l’Union économique eurasiatique est un projet qui a officiellement démarré début 2015, comprenant le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et la Russie. Le Kirghistan et la Tadjikistan souhaitent aussi rejoindre l’ensemble.

L’Ukraine, la Moldavie et la Géorgie ont déjà renforcé leurs liens avec l’UE depuis le sommet de Vilnius, à travers la signature effective d’accords d’association en juin 2014. La Moldavie est le pays le plus avancé à propos de la circulation des personnes : les visas ont été supprimé pour les ressortissants moldaves qui souhaitent entrer dans l’UE. Pour l’Ukraine et la Géorgie, les conditions techniques ne sont en revanche pas encore réunies selon l’exécutif européen.

L’Azerbaïdjan et l’Arménie intéressent toujours l’UE sur le plan économique, notamment en raison de leurs réserves énergétiques, même si la perspective de coopérations renforcées semble aujourd’hui moins prioritaire. La Biélorussie remporte clairement le rang de dernier élève de la classe, en raison de la présence de prisonniers politiques dans ses geôles, un sujet qui compromet toute avancée pour les dirigeants européens.

La doctrine de la différenciation ne fait que théoriser ce qui s’est concrètement déroulé depuis le sommet de Vilnius. L’UE a depuis développé un soutien financier massif à l’Ukraine, et dans une moindre mesure à la Moldavie et à la Géorgie. Les trois autres pays n’ont pas accès aux mêmes aides financières qui portent principalement sur les systèmes éducatifs et judiciaires ainsi que sur le développement économique.

>>Lire aussi : Le partenariat oriental joue sa survie au sommet de Riga

Contexte

Le Partenariat oriental est une initiative phare de l'UE amorcée par la Pologne et la Suède en 2009. Il a pour objectif d'améliorer les relations de l'UE avec l'Ukraine, mais aussi avec l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie et la Moldavie.

Pour autant, le Partenariat oriental n’est pas synonyme d’une possible adhésion à l'UE pour les anciennes républiques soviétiques, même s'il reproduit le même type d'engagements que ceux utilisés dans le cadre du processus d'élargissement de l'Union.

Plus d'information

Commission européenne

De Vilnius à Riga : Livret sur le Partenariat Oriental (anglais)