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19/01/2017

Berlusconi attaque l’UE pour s’aligner sur la droite populiste

Politique

Berlusconi attaque l’UE pour s’aligner sur la droite populiste

Silvio Berlusconi au Parlement européen, en septembre 2011.

[European ParliamentFlickr]

Silvio Berlusconi s’est aligné dimanche sur les positions les plus populistes de la droite italienne en se livrant à une attaque en règle contre l’Union européenne, devant les supporteurs de son rival Matteo Salvini, allié du Front national français.

« Êtes-vous disposés encore à supporter une Europe qui nous impose des impôts et l’austérité ? », a lancé l’ex-Cavaliere au cours d’une manifestation organisée à Bologne par la Ligue du Nord (Lega Nord), le parti anti-européen de Matteo Salvini.

« Êtes-vous disposés encore à supporter une Europe qui nous impose des sanctions contre la Russie » avec les dommages qui en découlent pour l’économie italienne, a poursuivi Silvio Berlusconi, dont le parti Forza Italia plafonne à entre 9 et 12 % des intentions de vote ces derniers temps.

« C’est un choix de droite populiste, peut-être son chant du cygne », a déclaré à l’AFP le politologue Massimiliano Panarari, professeur à l’université Luiss de Rome, rappelant que l’ancien chef du gouvernement italien avait « toujours oscillé entre des positions libérales-conservatrices et le populisme ».

Le crépuscule du berlusconisme ?

« On peut dire que le choix de Berlusconi est un positionnement populiste, à l’issue de tant d’indécision et d’hésitations qui ont marqué la dernière phase du berlusconisme, son crépuscule », a-t-il insisté.

L’attaque anti-UE représente en effet un revirement spectaculaire pour le magnat des médias, de plus en plus isolé en Italie et discrédité sur la scène internationale par ses frasques juridiques, qui avait encore cherché à se racheter en participant il y a trois semaines au congrès du Parti populaire européen (PPE) à Madrid.

Il avait même à cette occasion rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, présentant cela à l’opinion publique italienne comme un retour sur la scène internationale.

« La décision de participer comme valet à la réunion à Bologne de Salvini signifie qu’il s’est livré pieds et poings liés au leader de la Ligue », a estimé l’éditorialiste Claudio Tito, dans le quotidien de gauche La Repubblica, évoquant « une dose de masochisme » dans cette « saison crépusculaire » de l’ex-Cavaliere.

« Le leader de Forza Italia est confus, indécis, il ne comprend plus ce qui se passe dans le pays. Il rêve de revanche mais en même temps il se fait humilier par la Ligue », a-t-il relevé.

Eclaboussée par une série de scandales ayant touché son ancienne hiérarchie, la Ligue n’avait recueilli que 4 % des voix lors des législatives de février 2013, avant d’améliorer son score à 6,2 % aux européennes de mai 2014.

Elle a toutefois rapidement progressé sous la houlette de Matteo Salvini, même si elle reste bloquée depuis des mois à un seuil de 14 %-15 %.

Le Parti démocrate (PD) du chef du gouvernement Matteo Renzi devance tout le monde avec 31 % à 34 % des intentions de vote.

La cote de popularité de M. Renzi, qui s’est abaissée à 32% d’avis positifs en juillet, est remontée à 38 % début novembre, selon un sondage publié dimanche dans le Corriere della Sera.

Les prochaines élections seront des municipales, au printemps-été 2016, et concerneront plusieurs des principales villes italiennes, dont Rome, Milan, Naples et Turin, avant les législatives prévues en 2018.

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