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28/09/2016

Brexit : par ici la sortie ?

Politique

Brexit : par ici la sortie ?

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Les voix appelant à des referendums, pouvant mener au « Franxit » ou « Nexit » pour les Pays-Bas se multiplient. Avec des motivations variées.

La tentation de la sortie serait-elle contagieuse ? La question se pose au lendemain du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, une première pour le groupe de pays dont les premiers liens remontent à 1954. L’appel de nombreux populistes à organiser des referendum sur leur adhésion à l’Europe fait en effet planer la menace de sorts similaires à d’autres pays.

En France et aux Pays-Bas, Marine Le Pen et Geert Wildeers se sont réjoui du Brexit vendredi 24 juin, et ont appelé à des referendums dans leurs propres pays.

«Les Britanniques ont un rapport à l’Europe très instrumental et utilitaire, ce n’est pas le cas de pays fondateurs comme les Pays-Bas ou la France, qui ont été moteurs de la construction européenne » modère Manuel Lafont-Rapnouil, directeur du think-tank ECFR à Paris. Quand bien même un referendum serait organisé, il n’aboutirait pas forcément au résultat à la sortie d’un pays, tant les aspirations et les contextes politiques varient.

Face aux rêves des populistes, les autres camps politiques ne font pas la même analyse du Brexit.

Les masques tombent chez les élus français pro-Brexit

Les élus français sortent peu à peu du bois en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Une majorité d’eurodéputés français penche pour.

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« La sortie du Royaume-Uni consacre le fait que le Royaume-Uni était au milieu du gué. Depuis le passage à l’euro on les attendait en pensant qu’ils allaient nous rejoindre. Ca a entraîné une stagnation mortifère » estime Pervenche Beres, chef de la délégation des socialistes européens, qui estime que cette césure doit désormais ouvrir la voie à une proposition ferme des socialistes européens pour une Europe différente. À laquelle il faudrait éventuellement faire adhérer la population par une consultation, ou une élection ? Les échéances de 2017 pourraient supplanter ou précéder un éventuel referendum, dont la perspective semble se faire moins taboue.

En France, le referendum a traumatisé la gauche depuis le débat compliqué en 2005 sur le traité européen. Pourtant, l’idée n’a pas totalement disparu. Arnaud Montebourg a d’ailleurs indiqué cette semaine qu’une telle consultation était « envisageable ». Certains pensent qu’elle pourrait devenir incontournable dans la perspective des élections présidentielles de 2017.

Changement de traité ou appel au referendum, même combat ?

A droite, le candidat Bruno Le Maire appelle aussi à un referendum, mais tout en inscrivant la consultation dans la refonte du projet européen qui serait porté par la France et l’Allemagne. Une proposition « destinée à faire le buzz dans un contexte de candidatures à la primaire » assure une source aux Républicains peu impressionnée par la proposition.

À l’inverse, Alain Juppé a mis en garde contre un projet de referendum, qui reviendrait à « offrir une victoire sur un plateau à Marine Le Pen ».

Nicolas Sarkozy a de son côté fait une déclaration très conservatrice, assurant que « la lucidité commande de dire que ce sentiment de rejet est partagé par beaucoup de Français et beaucoup d’autres Européens. Ce qu’a dit le peuple britannique, d’autres peuples en Europe peuvent le dire. Nous ne pouvons, nous ne devons l’ignorer ». Il a appelé, comme il le fait depuis plusieurs semaines, à un nouveau traité européen, ce qui revient à appeler à un referendum, puisque tout nouveau traité devrait être ratifié.

La perspective du Brexit attise les critiques de la droite envers Bruxelles

Tout en prétendant adhérer au projet européen, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy multiplie les attaques en règle contre la Commission européenne, accusée de « faire sortir le Royaume-Uni et rentrer la Turquie».

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« Plus que jamais j’entends défendre l’idéal européen. Mais cet idéal, je le veux avec les peuples d’Europe, pas contre eux » assure l’ex-président de la République français.

Reste que le risque de contagion du Brexit ne repose pas seulement sur un risque de referendum, mais aussi sur toutes les options de « menus à la carte » et de tentation centripètes qui pourraient tentés d’autres États membres.

Une majorité de Suédois veut quitter l'UE en cas de Brexit

Si le Royaume-Uni quitte l’UE suite au référendum du 23 juin, une majorité de Suédois voudra emboîter le pas aux Britanniques, selon un nouveau sondage d’opinion.

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Contexte

CONTEXTE

Aux PAYS-BAS, Geert Wilders, chef de file de l'extrême droite actuellement favorite des élections législatives prévues en mars prochain, a réclamé la tenue d'un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne.

«Je félicite le peuple britannique pour avoir battu les élites politiques tant à Londres qu'à Bruxelles et je pense que nous pouvons faire de même», a-t-il dit dans une interview accordée à Reuters en marge d'un déplacement en Hongrie.

«Les Néerlandais aimeraient eux aussi avoir à nouveau la responsabilité de leur propre budget, de leurs frontières nationales et de leur politique migratoire: nous devrions avoir aussi vite que possible un référendum sur un 'Nexit' », a-t-il ajouté.

La tenue de ce référendum sera l'axe central de la campagne législative de son Parti pour la liberté (PVV), eurosceptique, anti-immigration et islamophobe, pour l'heure en tête des intentions de vote.

En FRANCE, où elle a mis un drapeau britannique en photo de profil de son compte Twitter, Marine Le Pen a renouvelé son appel à suivre l'exemple britannique. «Ce référendum sur l'appartenance de la France à l'Union européenne est une nécessité démocratique. Les Français doivent pouvoir choisir eux aussi cette voie de la liberté qui rendra à la France sa pleine et entière souveraineté», a-t-elle dit. «Le Royaume-Uni vient d'initier un mouvement qui ne s'arrêtera pas.»

La jurisprudence britannique permet à l'extrême droite de trancher plus nettement ses débats internes sur l'UE et de faire apparaître un «Frexit» comme un horizon possible.

«C'est une bonne affaire pour Marine Le Pen parce que l'un des freins au vote FN, c'est la question européenne. Pour les cadres, les personnes âgées, c'est un saut dans l'inconnu avec la fin de l'euro», diagnostique Frédéric Dabi, directeur adjoint de l'Ifop. «Mais le vote au Royaume-Uni, c'est un précédent.»

Fort de ses succès aux élections municipales en ITALIE où il a remporté notamment les mairies de Rome et de Turin, le Mouvement 5 Etoiles réclame un vote «consultatif» sur l'euro (la constitution italienne ne permet pas de modifier les traités internationaux par référendum).

La Ligue du Nord, parti de la droite radicale, veut pour sa part un référendum sur l'appartenance à l'UE. «Merci à la Grande-Bretagne, maintenant, à notre tour !», a lancé le chef du parti, Matteo Salvini.

En AUTRICHE, le Parti de la liberté (FPÖ) a exigé la démission de Jean-Claude Juncker et de Martin Schulz, les présidents de la Commission européenne et du Parlement européen, et indiqué que lui aussi pourrait réclamer la tenue d'un référendum si l'Union n'est pas réformée.

Le FPÖ, dont le candidat à la présidence a échoué in extremis le mois dernier, avait convié la semaine dernière à Vienne l'extrême droite européenne pour lancer un «Printemps des patriotes».

«Nous voulons adresser un signal avec ce Printemps patriotique: après un long hiver politique dans l'Union européenne, nous voulons que l'Europe s'épanouisse à nouveau», avait alors déclaré le président du FPÖ, Heinz-Christian Strache.

Au DANEMARK, en SUÈDE, des appels similaires ont été lancés à l'annonce de la victoire du camp du «Out» au Royaume-Uni.