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19/01/2017

Ce que Cameron demande pour défendre le non au Brexit

Politique

Ce que Cameron demande pour défendre le non au Brexit

[Shutterstock]

Le premier ministre David Cameron doit présenter à ses homologues jeudi 25 juin lors du dîner du Conseil européen les aménagements qu’il souhaite pour éviter le Brexit.

Après avoir fait le tour de la quasi-totalité des capitales européennes afin de présenter ses revendications d’appartenance du Royaume-Uni à l’UE, David Cameron a obtenu une première victoire face à ses 27 partenaires. Celle de pouvoir présenter son projet lors du dîner du Conseil européen, jeudi 25 juin. Un créneau a priori plus favorable que les autres, qui montre la bienveillance des partenaires européens face aux velléités centripètes de l’île.

>>Lire : Cameron demande flexibilité et imagination aux Européens

Manque de confiance dans l’UE

Le nouveau gouvernement de David Cameron s’est engagé à promulguer, d’ici la fin 2015, une loi organisant le referendum sur l’appartenance à l’Union européenne. Le texte devra préciser la question du référendum, mais aussi l’organisation de la consultation. Les montants consacrés à la communication du gouvernement sur le sujet doivent notamment être précisés. Et c’est là que le Premier ministre joue gros : son gouvernement devrait soutenir la réponse du « oui » à l’UE, si et seulement si il obtient certains aménagements. « L’opinion publique britannique manque de confiance envers l’UE, c’est à nous de la rétablir » assure une source britannique.

Compétitivité, équité, immigration et souveraineté au menu

Ses revendications sont regroupées sous quatre grands thèmes. Le premier dossier concerne la compétitivité de l’UE, qui regroupe plusieurs sujets, que le rapport des 5 présidents a commencé à traiter. Et notamment celui de l’intensification du marché unique, seule intégration supplémentaire que le pays appelle de ses vœux. Le libre-échange cher aux Anglais comprend à la fois des thèmes comme le grand marché de l’énergie, et les négociations de libre-échange, dont le traité transatlantique TTIP qui prend du retard. Londres souhaite toujours le voir signé avant le départ du président Obama de la Maison Blanche, début 2016. Un objectif que d’autres nations dont la France, l’Allemagne ou l’Autriche ne partagent pas.

Le second cheval de bataille des Britanniques porte sur la notion de justice, ou de « fairness », qui doit être organisée entre la zone euro et les autres membres de l’UE. Une revendication qui cache une crainte du Royaume-Uni : celle d’être systématiquement mis en minorité sur les décisions économiques par la « bande des 19 » de la zone euro.

« On a trouvé des solutions dans le cadre de l’Union bancaire par exemple. Sur le mécanisme de résolution unique, on a prévu des doubles votes, sur d’autres dispositifs la majorité des deux tiers, des systèmes qui nous permettent d’avoir notre mot à dire » explique-t-on côté anglais.

La question de l’immigration représente également une priorité, et risque de s’avérer la plus problématique des quatre. Le Royaume-Uni ne l’envisage pas sous le même angle que le reste de l’UE. Pour eux, le problème de l’immigration concerne surtout les migrants en provenance de l’UE, et notamment des pays de l’Est de l’UE. « Nous devons nous assurer que les systèmes sociaux ne créent pas des aberrations, comme des jeunes surdiplômés qui viennent travailler dans des bars simplement parce que les conditions sociales sont plus intéressantes au Royaume-Uni » assure la source diplomatique. Les solutions de ce côté ne sont toutefois pas légion. Et les autres pays membres estiment que la libre circulation des personnes n’est pas négociable en UE.

Renoncer à une union toujours plus étroite

Enfin, David Cameron veut s’extraire de la vision d’une Union qui soit toujours plus étroite. Une notion intégrée au traité de Lisbonne, mais à laquelle le Royaume-Uni ne souscrit plus. « Nous ne sommes pas d’accord avec l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses, qui suppose que tout le monde aille dans la même direction, à des rythmes différents » assure une source britannique.

Contrairement à son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, François Hollande a prêté une oreille attentive à cette dernière revendication à laquelle il ne voit pas d’inconvénient majeur. « Nous prêt à acter que l’UE avance de façon différenciée, comme les autres États non membres de la zone euro ». Une façon de dire qu’à moyen terme, la France n’est pas opposée à la modification des traités, comme Angela Merkel l’a assuré à David Cameron lors de sa récente visite en Allemagne.

Londres souhaite d’ailleurs que l’idée de changement de traité ne soit plus diabolisée. « Le changement de traité, ce n’est rien de bien radical ! » pensent les Anglais.

Le referendum devrait être organisé entre mai 2016 et la fin 2017, selon le gouvernement britannique. Une date qui sera choisie avec doigté alors que des élections importantes sont aussi prévues en 2017 : les présidentielles en mai en France et législatives fin septembre en Allemagne.

>>Lire : Cameron veut avancer la date du référendum sur l’UE

Contexte

Le parti conservateur au pouvoir de David Cameron a remporté la majorité absolue lors des élections parlementaires du 7 mai 2015. Avec 12 sièges de plus que tous les autres partis réunis, les conservateurs pourront gouverner seuls.

David Cameron a promis de renégocier la relation du pays avec l'UE puis d'organiser un référendum d'ici 2017 pour voter si oui ou non, le Royaume-Uni devrait rester dans l'UE. Une décision qui aurait de grandes conséquences sur le commerce, l'investissement et la place de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

>> Lire : Le raz de marée conservateur au Royaume-Uni ravive l'hypothèse du Brexit

Prochaines étapes

  • 2016 : David Cameron, le Premier ministre britannique, s'est engagé à organiser un référendum sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE
  • Printemps 2017 : élections en France et en Allemagne
  • Fin 2017 : date limite pour le référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, promis par David Cameron