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19/01/2017

Débat mercredi à l’Assemblée nationale sur la Grèce

Politique

Débat mercredi à l’Assemblée nationale sur la Grèce

Le Premier ministre Manuel Valls espère attirer de nouveaux investisseurs en Île-de-France.

Crédit : [Frederic Legrand - COMEO / Shutterstock.com]

Un débat sans vote sur la situation de la Grèce, auquel le Premier ministre Manuel Valls s’est dit favorable, se tiendra mercredi après-midi à l’Assemblée nationale, l’opposition n’en attendant cependant pas grand-chose.

« Nous proposons qu’il puisse y avoir – c’est à l’Assemblée nationale de l’organiser – un débat, si possible dès demain, avec l’ensemble des parlementaires, après le Conseil européen (de mardi soir), pour faire un point sur la situation. Le gouvernement est prêt pour un débat avec les députés », a déclaré le Premier ministre à RTL.

« Aujourd’hui, il n’y a pas besoin d’avoir un vote. Un vote sur quoi ? Non », a poursuivi Manuel Valls.

La conférence des présidents de l’Assemblée, réunie autour de Claude Bartolone (PS), a ensuite fixé le débat mercredi à 16 h 15, pour une durée de deux heures, ont indiqué à la presse plusieurs chefs de file de groupes politiques.

Dans l’entourage de François Hollande, on a précisé que le chef de l’État n’excluait pas en outre de recevoir les dirigeants de partis en cas de « crises graves devant amener à des décisions ».

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Selon M. Valls, le débat dans l’hémicycle du Palais Bourbon portera « sur la situation du moment, sur la position, bien sûr, de la France. Parce que je crois que, dans ce moment-là, il faut informer les parlementaires et à travers eux (…) les Français. Il faut faire preuve de responsabilité et aussi d’unité et de rassemblement ».

Mais aux yeux de Christian Jacob, chef de file des députés Les Républicains, « ce débat est un non-sens, il aurait dû avoir lieu aujourd’hui avant le sommet » de l’Eurogroupe. « On ne sait pas quelle position le président va défendre au sommet, il est inexistant et effacé, l’axe franco-allemand n’existe pas », a-t-il déploré en conférence de presse.

« Si on devait aller vers un nouveau plan d’aide à la Grèce, ça devrait passer obligatoirement par un vote à l’Assemblée. Il ne peut pas y avoir d’effacement de la dette et la Grèce doit accepter les règles communes et s’engager dans des réformes structurelles », a plaidé M. Jacob.

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Pour sa part, Philippe Vigier, patron des députés UDI, « se satisfait qu’il y ait ce débat » qui « permettra d’échanger sur les solutions ou plutôt les non-solutions que porte François Hollande, à la remorque d’Angela Merkel ». « On paie cash l’absence de gouvernance économique », a-t-il estimé, prônant de « s’appuyer sur les nouveaux statuts de la BCE pour monter une caisse d’amortissement des dettes souveraines ».

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Une porte-parole des députés PS, Annick Lepetit, a jugé que « le sens de l’Histoire manque cruellement aux dirigeants de la droite française qui à longueur de déclarations militent pour la sortie de la Grèce de la zone euro et leur projet pour l’Europe est le même que celui qu’ils nourrissent au plan national : se débarrasser des plus pauvres et en finir avec la solidarité ».

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De son côté, le président des députés du Front de gauche, André Chassaigne, a regretté qu’il n’y ait pas mercredi de « vote sur un texte sur les orientations françaises ». Son groupe va donc travailler à « un texte commun » avec des députés écologistes et socialistes pour « affirmer une position forte de la France sur des orientations antilibérales ». Il pourrait prendre la forme d’une proposition de résolution.

Soutenant « de façon très forte le peuple grec et son gouvernement », M. Chassaigne demande que « le président de la République puisse dire que la France utilisera son veto en cas de tentative d’exclusion de la Grèce de la zone euro ».

Les coprésidents du groupe écologiste François de Rugy et Barbara Pompili ont aussi souhaité que le débat à l’Assemblée « soit suivi d’un vote parce que notre président de la République et nos négociateurs doivent avoir un mandat qui leur permettra d’être plus forts pour négocier ».

« Si la négociation européenne aboutissait à un accord rapide, dans la soirée ou la nuit, nous souhaiterions également que cela fasse l’objet d’un vote à l’Assemblée nationale, comme il fera l’objet d’un vote en Allemagne, où la chancelière est tenue de faire ratifier par le Parlement allemand », a ajouté M. de Rugy.