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01/10/2016

Double jeu du FN sur l’évasion fiscale au Parlement européen

Politique

Double jeu du FN sur l’évasion fiscale au Parlement européen

De nombreuses personnalités ont été impliquées dans l'affaires des Panama Papers.

[Matthew Straubmuller/Flickr]

Le parti d’extrême-droite dénonce l’évasion fiscale au Parlement européen. Pourtant, les noms de personnalité proches comme Jean-Marie Le Pen, sont apparus  à plusieurs reprises dans les Panama Papers.

Lors du débat sur les dernières révélations des Panama papers au Parlement européen, un eurodéputé du Front national a dénoncé la lenteur de l’action européenne contre les paradis fiscaux, tout en assurant avoir voté « tous les textes sur la fiscalité» au Parlement européen.

Repsonsable des questions économiques, Bernard Monot a insisté sur le fait que «les impôts qui échappent aux Etats doivent être compensés par les citoyens, alors que les déficits publics sont au plus haut.»

L’intervention a été épinglée par un autre eurodéputé, Jérôme Lavrilleux. L’ex-membre des Républicains, lui-même mis en examen dans l’affaire du financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, a reproché à Bernard Monot de «ne pas avoir souligné que certains membres du Front national étaient concernés par les Panama papers» et que l’agence de communication principale du parti d’extrême-droite avait un compte au Panama.

Une société de com’ sous les tropiques

Le Front national a en effet été cité par le journal Le Monde à plusieurs titres. La société Riwal, de Frédéric Chatillon, et qui fournissait des prestations pour le FN, est soupçonnée d’avoir escroqué l’Etat sur des remboursements de dépenses électorales. Elle est citée dans les Panama papers pour avoir envoyé de l’argent à l’étranger au prix d’un circuit compliqué, entre l’Asie et l’Amérique latine.

La société Riwal, est sous le coup d’une enquête du parquet de Paris, menée par le juge d’instruction Van Ruymbeke.

Des avoirs cachés par Jean-Marie Le Pen ?

Au sein du Front national, le fondateur du parti, qui est aussi le plus ancien eurodéputé du Parlement européen où il siège depuis 1984, est aussi concerné par les Panama Papers. Il aurait en effet dissimulé de l’argent dans une société offshore en se servant de son majordome et homme de confiance, Gérald Gérin, comme prête-nom, pour dissimuler une partie de sa fortune sous la forme de billets (97 000 euros), de titres (pour l’équivalent de 854 000 euros), de lingots d’or (26) et autres pièces d’or. Soit un total de 2,2 millions d’euros, sur lequel la justice française enquête déjà depuis 2015.

Les Panama papers remettent donc un coup de projecteur sur des affaires financières en cours. Le parquet de Paris examine actuellement, aussi, le dossier des déclarations d’intérêts de la famille Le Pen.

La déclaration d’intérêt de l’eurodéputé est en effet peu précise, pour le moins, tout comme celle de Marine Le Pen.

L’homme politique ne déclare aucun actif ou aucune autre ressource que son salaire de député européen. En outre, sa déclaration n’est pas signée. La haute autorité pour la transparence de la vie publique estime qu’il « existe notamment un doute sérieux quant à l’exhaustivité, l’exactitude et la sincérité de sa déclarations, du fait de la sous-évaluation manifeste de certains actifs immobiliers détenus en commun par M. Jean-Marie Le Pen et Mme Marine Le Pen et, par ailleurs, de l’omission de biens mobiliers par M. Jean-Marie Le Pen.

Les Le Pen disposent d’actifs immobiliers en banlieue parisienne qui rendent leur déclaration d’intérêt peu pertinente.

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