EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

30/09/2016

En Europe, l’Espagne « glisse sur la pente de l’insignifiance »

Politique

En Europe, l’Espagne « glisse sur la pente de l’insignifiance »

Josep Borrell et Martin Schulz

[Parlement européen]

« Aujourd’hui, nous avons peu d’importance en Europe. Ces dernières années, notre présence dans l’UE a été totalement superflue », a affirmé Josep Borrell, ancien président du Parlement européen (2004-2007) dans une interview avec notre partenaire EFE.

L’actuel chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, « est un élève appliqué de Mme Merkel » en matière de politique économique, a estimé Josep Borrell, ajoutant que cela avait « causé beaucoup de souffrance sociale ». Le problème n’est plus économique, mais politique et social et l’efficacité du gouvernement est tout à fait discutable, a déclaré l’ancien ministre des Travaux publics du dernier cabinet du socialiste Felipe González.

Le « leadership » qu’avait l’Espagne avec les gouvernements socialistes de Felipe González a commencé à décliner, selon Josep Borrell, avec José María Aznar, qui se vantait de l’excédent espagnol et reprochait à l’Allemagne son déficit.

« C’est à partir de là que nous avons commencé à glisser sur la pente de l’insignifiance. Puis les choses ne se sont pas améliorées avec José Luis Zapatero qui, soyons honnêtes, ne s’est pas investi politiquement dans l’Europe. Puis Mariano Rajoy a poussé l’absence de leadership à l’extrême. »

>> Lire : Varoufakis appelle les Espagnols à dire non à Bruxelles

Interrogé sur sa période à la tête du Parlement européen, Josep Borrell a expliqué que c’était une période « très vive et intense ».

« Ce furent les années du NON français et néerlandais au projet de Constitution européenne, et de l’entrée des pays de l’Est en UE. Notre objectif était de remplacer le traité constitutionnel ‘mort-né ‘ par le traité de Lisbonne », a-t-il poursuivi. Tout cela est du passé, a expliqué l’ancien ministre, « mais le jour où les Français ont dit ‘non’, on s’est retrouvés le bec dans l’eau et nous nous sommes demandés : Et maintenant, on fait quoi ? ».

Même si cela n’a pas marché, Josep Borrell et tous ceux qui ont fait partie de la Convention sur l’avenir de l’UE, présidée par Valéry Giscard d’Estaing, ont eu l’occasion unique de rédiger une Constitution européenne.

En réalité, le Conseil européen de Laeken en décembre 2001 avait demandé à la Convention de présenter des propositions pour une réforme institutionnelle. Toutefois, les membres de la Convention ont été plus loin et ont élaboré un texte refondateur avec un projet de Constitution équivalent à une version unique et simplifiée des traités existants.

« Notre mission nous ait un peu monté à la tête » a affirmé l’ancien président du Parlement européen, qui a néanmoins souligné que le traité de Lisbonne de 2004 n’était « pas très différent, nous avons simplement ôté les éléments identitaires comme le drapeau et l’hymne ».