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09/12/2016

Espagne : Mariano Rajoy autorisé à négocier avec Ciudadanos

Politique

Espagne : Mariano Rajoy autorisé à négocier avec Ciudadanos

Mariano Rajoy

[Pimkie/Flickr]

Le chef du gouvernement a obtenu du comité exécutif de son parti le droit de négocier avec Ciudadanos afin de former une coalition qui permettrait de sortir le pays de l’impasse politique dans laquelle il se trouve depuis huit mois. Un article de notre partenaire, La Tribune.

« J’ai convoqué le comité [exécutif du Parti populaire] afin qu’il m’autorise à négocier avec Ciudadanos. J’ai demandé cette autorisation parce que l’Espagne a besoin d’un gouvernement dès maintenant. Nous allons lutter jusqu’au bout pour qu’il n’y ait pas de nouvelles élections »,

À l’issue de la réunion avec les dirigeants de son parti, mercredi, Mariano Rajoy a fait étalage de sa détermination, et de sa satisfaction mesurée. Devant la presse, le président du gouvernement a annoncé avoir reçu le feu vert pour négocier avec le parti centriste en vue de la constitution d’une coalition gouvernementale, autorisation qu’il attendait depuis une semaine, après sa dernière rencontre avec Albert Rivera. Et vingt jours après avoir été chargé par le roi Philippe VI de former un gouvernement.

« J’ai convoqué aujourd’hui le Conseil exécutif pour qu’il m’autorise à négocier avec Ciudadanos et j’ai obtenu son soutien. Je le remercie pour sa confiance », a tweeté le chef du gouvernement après la réunion.

En revanche, pendant cette discussion qui aura duré pas moins de deux heures, pas un mot sur le programme en six points de Ciudadanos, condition pourtant présentée comme incontournable par son leader Albert Rivera pour que le parti apporte son soutien à l’investiture de Rajoy.

« Nous n’avons pas du tout parlé des conditions, j’ai seulement convoqué le comité exécutif afin qu’il m’autorise à négocier », s’est contenté de préciser Rajoy.

Parmi ses six conditions que réclame Ciudadanos, on retrouve notamment la levée de l’immunité parlementaire et la suspension immédiate des élus mis en cause sur le plan judiciaire, mais aussi l’instauration d’une limite de deux mandats pour le chef du gouvernement.

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Coup de pression sur le PSOE

Pour autant tout n’est pas gagné car, même si le Parti populaire et Ciudadanos parviennent à se mettre d’accord, il leur manquerait encore 7 voix (ou 11 abstentions si la seule députée de Coalición Canaria se joint à eux) pour atteindre la majorité absolue en vue d’un vote d’investiture au Congrès des députés.

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C’est sans doute pour cela que le leader du Parti populaire a également assuré qu’il souhaitait discuter avec le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez, à propos de la date d’une potentielle session d’investiture « ou de la date de nouvelles élections, ce qu’il semble aujourd’hui préférer », mettant ainsi la pression sur le parti qui, selon lui, « n’a pas fait un seul pas en avant ».

Peu de chance, pourtant, pour que ces voix viennent du PSOE, lequel a toujours refusé de soutenir Mariano Rajoy, une position réaffirmée mercredi par la voix de Sanchez lors d’une conférence de presse.

Une anomalie politique pesante pour Rajoy

« C’est une anomalie d’être en fonction depuis huit mois », a ajouté Mariano Rajoy, faisant référence aux deux élections générales de décembre et de juin qui n’ont pas permis de dégager de majorité au parlement, et le laissent donc par défaut chef du gouvernement – le Parti populaire est d’ailleurs arrivé en tête des deux scrutins. « Aucun autre pays d’Europe n’a eu [à voter trois fois] depuis la Seconde guerre mondiale ».

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