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07/12/2016

Avec la démission de son ambassadeur, l’UE recule devant Ankara

Politique

Avec la démission de son ambassadeur, l’UE recule devant Ankara

Le faux pas de l'ambassadeur a contribué à la dégradation des relations avec le gouvernement du président turc Recep Tayyip Erdoğan

L’ambassadeur de l’UE en Turquie a démissionné après avoir critiqué la gestion de la crise des réfugiés par la Turquie. La diplomatie européenne aurait fait pression en faveur de son départ.

 

Hansjörg Haber, un diplomate allemand chevronné, a démissionné après avoir déclaré que les Turcs devraient plutôt se comporter comme les Allemands s’ils voulaient obtenir le droit de circuler librement en Europe.

>> Lire : Accord sans précédent pour stopper l’afflux de migrants vers l’Europe

« Nous avons cette expression « Commence comme un Turc, finis comme un Allemand. » Mais dans ce cas, c’est l’inverse », avait confié Hansjörg Haber lors d’une interview avec des journalistes turcs, en mai dernier.

Le vieil adage allemand exprime l’idée de commencer un projet avec enthousiasme et de le finir de façon organisée.

Le journal turc Hurriyet rapporte que la Federica Mogherini aurait encouragé la démission de Hansjörg Haber suite à son faux pas qui a entraîné une dégradation des relations avec la Turquie.

Les relations avec Ankara sont particulièrement délicates : l’accord sur les migrants est considéré comme l’une des rares réussites de Bruxelles concernant la crise des migrants qui a profondément divisé les États-membres de l’UE et engendré la mise en place de contrôles aux frontières de l’espace Schengen.

Selon les termes d’un accord controversé, la Turquie doit percevoir de l’argent et obtenir la libéralisation des visas si elle accepte le retour sur son sol des immigrants ayant traversé illégalement la Méditerranée. En échange de ce service, la Turquie exige également la reprise des discussions au sujet de son entrée dans l’UE.

La Turquie doit remplir 72 conditions pour obtenir le droit de circuler librement dans l’espace Schengen.  Cependant, Les négociations ont été retardées après que l’UE a exigé que la Turquie revoie la définition du terrorisme dans ses lois antiterroristes, utilisées pour arrêter des universitaires et des journalistes.

Selon Volkan Bozkir, ministre des affaires européennes en Turquie à l’époque, Hansjörn Haber s’était vu réprimandé en mai pour avoir violé « la première loi diplomatique ».

« Aucun ambassadeur n’a le droit d’humilier le peuple du pays dans lequel il travaille ou de faire un commentaire sur son président », a-t-il déclaré au journal Hurriyet.

Le mardi 14 juin, une porte-parole de la Commission européenne a déclaré que la démission prendrait effet le 1er août. « Je confirme la démission. Nous prenons rapidement les mesures nécessaires pour assigner un nouveau chef de file à la délégation en Turquie », a-t-elle confirmé.

La Commission devrait publier un deuxième rapport mercredi 15 juin sur l’application de l’accord entre l’UE et la Turquie, comprenant des précisions sur la mise en œuvre des conditions pour la libéralisation des visas.

>> Lire : Les États membres profitent du Brexit pour retarder la libéralisation des visas

Prochaines étapes

  • 15 juillet : Second rapport sur l'application de l'accord UE-Turquie