Une pétition contre Barroso recueille 152.000 signatures

José Manuel Barroso

152.000 citoyens et fonctionnaires européens, dont une majorité de Français, demandent de suspendre la retraite de José Manuel Barroso.

Une pétition contre José Manuel Barroso lancée par des fonctionnaires européens a récolté environ 152 000 signatures. Elle doit être présentée le 12 octobre aux institutions européennes. C’est la première fois que des membres du personnel européen prennent une initiative de ce type pour défendre le projet européen, et appeler à davantage d’éthique aux plus hauts niveaux des institutions.

« Aller travailler pour l’une des banques les plus impliquées dans la crise des subprimes qui a entrainé la crise financière de 2007-2008, la pire depuis la crise de 1929, mais aussi une banque très impliquée dans la crise grecque, un pays dont elle a aidé à dissimuler le déficit avant de spéculer, en 2009-2010, contre la dette grecque dont elle connaissait évidemment l’insoutenabilité, est un nouvel exemple de ‘pantouflage’ irresponsable. C’est très préjudiciable aux institutions communautaires et, bien que ce ne soit pas illégal, c’est moralement malhonnête », assurent les auteurs de la pétition.

Poussé par la Médiatrice européenne, qui voulait que la Commission réagisse aux inquiétudes des citoyens et clarifie sa position, Jean-Claude Juncker, le successeur de José Manuel Barroso, a ouvert une enquête sur une possible violation des orientations éthiques européennes. Dans sa réponse à la Médiatrice, Jean-Claude Juncker assure que l’ancien président de la Commission sera à présent reçu à l’UE comme un lobbyiste.

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Selon des sources au sein des institutions, cette décision est importante et « politique » – elle n’a pas été dictée par la législation européenne en soi, mais plutôt par l’indignation des Européens. Si la pétition a été lancée par des fonctionnaires européens, elle a vite dépassé les institutions et rassemblé les signatures de 151 000 citoyens européens, dont 70 000 Français, 20 000 Belges et 55 000 Allemands.

La pétition demande à la Commission, au Conseil et au Parlement de réagir rapidement pour restaurer la confiance dans le projet européen avec une meilleure transparence et une attitude plus axée vers les citoyens.

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Ses signataires proposent une enquête indépendante pour déterminer si José Manuel Barroso a respecté ses devoirs d’intégrité et de jugement, conformément à l’article 245 du Traité. La pétition appelle à « des mesures fortes et exemplaires » à l’encontre de l’ancien président de la Commission, en vertu du code de conduite pour les présidents, vice-présidents et commissaires de l’exécutif européen.

L’embauche de José Manuel Barroso à Goldman Sachs met en lumière la faiblesse des règles actuelles qui pèsent sur les anciens commissaires : si la nouvelle a indigné les Européens, l’ancien président n’a violé aucune règle. Il est donc nécessaire de revoir sérieusement la réglementation sur le pantouflage, estime Vicky Cann, de l’Alliance pour une réglementation de transparence et d’éthique en matière de lobbying (ALTER-EU).