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26/09/2016

L’UE en tête pour le poste de secrétaire général

Politique

L’UE en tête pour le poste de secrétaire général

Lors du vote secret du Conseil de sécurité le 29 août, trois candidats européens mènent la course au poste de secrétaire général de l’UE, que Ban Ki-moon quittera le 31 décembre.

Le Portugais António Guterres, le Slovaque Miroslav Lajčák et la Bulgare Irina Bokova se sont placés en tête du classement, selon les nombreuses fuites après le vote.

C’est la troisième fois que les quinze membres du Conseil de sécurité se sont exprimés en faveur ou contre la candidature des dix participants toujours en lice. Après les votes du 21 juillet et du 4 août, la ministre croate Vesna Pusić et le ministre monténégrin Igor Lukšić ont retiré leur candidature. [voir la liste des candidats].

>> Lire : Les Européens en bonne position pour le poste de secrétaire général de l’ONU

António Guterres, un ancien ministre portugais, a été Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés pendant dix et se positionne en favori pour succéder à Ban Ki-moon, après les trois votes tenus jusqu’à présent. Il a pourtant reçu deux voix négatives le 5 août et trois lors du dernier vote.

Selon certaines spéculations, la Chine et la Russie se seraient exprimé contre le candidat portugais, dans la mesure où les deux pays semblent avoir d’autres ambitions concernant les résultats de la procédure.

Les membres permanents du Conseil de sécurité, les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et la France, ont un droit de veto. À ce stade de la procédure, les votes restent cependant anonymes et la position des cinq représentants n’a pas été révélée. Un nouveau vote aura lieu le 9 septembre, pour lequel leur choix sera connu.

Une énorme surprise

Le ministre des Affaires étrangères slovaque, Miroslav Lajčák, s’est hissé de façon surprenante à la deuxième place, alors qu’il était à la traîne dans les deux premiers votes. Le 5 août, il n’avait en effet obtenu que deux voix favorables, contre neuf le 29 août. Sa montée en flèche peut ainsi être interprétée comme une réussite pour la diplomatie slovaque.

>> Lire : Le Slovaque Robert Fico, porte-parole de Moscou auprès de l’UE

Irina Bokova, quant à elle, dirige actuellement l’UNESCO, l’agence la plus importante des Nations Unies. Elle s’est placée en troisième position, comme lors du premier vote, et a gravi deux échelons depuis le deuxième tour. Elle est sans doute la femme en position de force, suivie par la ministre argentine Susanna Malcorra, qui se trouve en cinquième position.

Vuk Jeremić, un ancien ministre des Affaires étrangères serbe, dont la candidature est contestée par le Kosovo, fait partie des quatre favoris depuis le début de la course.

>> Lire : Le Kosovo s’insurge contre le candidat serbe à l’ONU

Il peut paraître étonnant que la Néo-Zélandaise Helen Clark, très populaire sur les réseaux sociaux, ne soit qu’en septième position et ait très peu de chance d’être élue. Autre surprise, Danilo Türk, l’ancien président de la Slovénie, se retrouve à présent huitième, alors qu’il faisait partie du peloton de tête lors des deux premiers tours.

Tout en bas du classement se trouvent Nathalia Gherman, la candidate moldave, et Christiana Figueres, la diplomate portoricaine, avec chacune douze votes défavorables.

L’objectif de ces trois tours était de décourager le plus de candidats possible, pour que les prises de décision officielles s’effectuent sur un nombre restreint de candidats. Les candidats dans la seconde moitié du classement ne sont généralement plus considérés comme des candidats sérieux et devraient se retirer.

Des groupes régionaux

Le groupe d’Europe orientale est le seul à ne pas encore avoir eu de secrétaire général.

Selon les traditions de l’ONU, le monde se divise en groupes régionaux. L’Europe de l’Est regroupe la Russie, les pays de l’ancienne URSS et du bloc soviétique, dont les nouveaux États membres européens d’Europe centrale et orientale, ainsi que tous les candidats à l’UE, sauf la Turquie.

Le Portugal fait partie du groupe de « l’Europe de l’Ouest et autres », qui comprend également les États-Unis et le Canada.

Récemment, le représentant russe à l’ONU, Vitaly Churkin aurait affirmé qu’il espérait que le nouveau secrétaire général serait originaire de son groupe régional. Actuellement, Miroslav Lajčák et Irina Bokova, semblent donc avoir l’avantage. La Chine serait également en faveur d’un respect du principe régional et considérerait que c’est le tour de l’Europe de l’Est de prendre la direction des Nations Unies.

Contexte

La charte des Nations Unies, signée en 1945 à la fondation de l’organisation, ne précise pas la procédure d’élection du secrétaire général, en dehors de l’article 47 qui postule que tout candidat « doit être nommé par l’Assemblée générale, en respect des recommandations du Conseil de sécurité ».

Le candidat idéal « entrerait en contact avec l’opinion publique mondiale et les aurait le pouvoir d’appeler les puissances majeures ou mineures à agir en temps et en heure », a récemment déclaré le directeur général de l’Assemblée, le Danois Morgens Lykketoft.

Les prédécesseurs de Ban Ki-moon étaient : Kofi Annan (Ghana, janvier 1997 -décembre 2006), Boutros Boutros-Ghali (Égypte, janvier 1992-décembre 1996) Javier Pèrez de Cuèllar (Pérou, janvier 1982 -décembre 1991), Kurt Waldheim (Autriche, janvier 1972-décembre 1981, U Thant (Burma, actuel Myanmar, 1961-décembre 1971, Dag Hammarskjöld (1953 à sa mort en 1961) et Trygvye Lie (Norvège, février 1946 à sa démission en novembre 1952).