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24/02/2017

L’Europe s’est imposée dans les voeux des leaders européens pour 2017

Politique

L’Europe s’est imposée dans les voeux des leaders européens pour 2017

Theresa May, Première ministre britannique, a présenté ses voeux à ses citoyens.

[Screenshot/Youtube]

L’Europe et la lutte contre le terrorisme ont dominé les vœux des dirigeants européens, d’Angela Merkel à Theresa May.

La chancelière allemande a appelé à « une ouverture sur le monde, et à avoir confiance, en nous et notre pays ». Par ailleurs, elle s’en est prise aux « perceptions faussées » de l’Union européenne et de la démocratie parlementaire. « Personne ne nous fera jamais croire, à nous, Allemands, qu’un avenir radieux nous attend si nous poursuivons notre chemin seul, au niveau national. »

Angela Merkel, qui brigue un quatrième mandat en tant que chancelière en 2017, a décrit 2016 comme une année qui a donné l’impression que le monde était chamboulé.

Dans son discours, elle a comparé le Brexit à une « incision profonde » et a déclaré que même si l’UE était « lente et laborieuse », les membres du bloc devaient se concentrer sur les intérêts communs qui vont au-delà des frontières nationales.

Theresa May a quant à elle profité de ses vœux de nouvelle année pour rassurer ceux qui avaient voté pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE, en affirmant qu’elle se battrait aussi pour leurs intérêts « autour de la table des négociations européennes cette année ».

Dans une vidéo tournée à Downing Street, la Première ministre britannique a reconnu que le référendum de juin avait été « un facteur de division » pour le Royaume-Uni et l’Europe. Elle a appelé à l’unité et a ouvert son discours au camp perdant.

Theresa May pourrait faire face à une autre action en justice avant de pouvoir déclencher le Brexit, sauf si elle permet à la Chambre des Lords de voter sur le sujet.

Gina Miller, à l’origine de la saisie de la Haute Cour qui a décidé que les députés britanniques devaient voter sur l’invocation de l’article 50, a déclaré dans une interview que les Lords devaient aussi ouvrir un « débat adéquat ».

>> Lire : La justice britannique donne au Parlement son mot à dire sur le Brexit

L’affaire est désormais devant la Cour suprême de Londres.

Face aux rumeurs selon lesquelles le gouvernement est sur la voie d’une « Brexit dur » sans le marché unique et sans l’union douanière, Theresa May a tenté de rassurer ses citoyens en affirmant qu’elle négocierait une relation avec l’UE qui respecte les intérêts de tous, et pas seulement de ceux qui ont voté pour la sortie du Royaume-Uni.

« Le bon accord » pour tout le monde

« Nous voulons tous d’un Royaume-Uni plus fort qu’il ne l’est aujourd’hui », a-t-elle commenté. « Nous voulons tous d’un pays plus juste où tout le monde a la chance de réussir. Nous voulons tous d’une nation plus sure pour nos enfants et nos petits-enfants. Ces ambitions nous unissent de telle manière que nous ne sommes plus les 52 % qui ont voté ‘Leave’ et les 48 % qui ont voté ‘Remain’, mais une grande union de citoyens avec une histoire fière et un avenir radieux. Ainsi, lorsque je serai assise à la table des négociations en Europe cette année, ce sera donc avec cela à l’esprit : la conscience d’être là pour obtenir le bon accord, pas seulement pour ceux qui ont voté pour sortir, mais pour chaque personne dans ce pays. »

>> Lire : Le Brexit dur séduit des Européens sans concessions

Le président français, François Hollande, a aussi mentionné la décision des Britanniques de sortir de l’Union européenne ainsi que l’élection en novembre du nouveau président américain Donald Trump, en tant qu’événements qui démontrent que la démocratie, la liberté et la paix devenaient « vulnérables et réversibles ».

François Hollande, qui a rappelé qu’il ne briguait pas un second mandat en 2017, a défendu son héritage en tant que président et s’est attaqué aux politiques anti-immigrations et anti-euro du Front national, dont la chef de file Marine Le Pen devrait arriver jusqu’au second tour de l’élection présidentielle, selon les sondages.

« Dans à peine cinq mois, vous aurez, mes chers compatriotes, à faire un choix. Il sera décisif pour la France. Il en va de son modèle social auquel vous êtes attachés, car il garantit l’égalité de tous […] », a-t-il déclaré. « Il y a dans l’histoire des périodes où tout peut basculer. Nous en vivons une. »

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« Comment imaginer notre pays recroquevillé derrière des murs, réduit à son seul marché intérieur, revenant à sa monnaie nationale, et en plus, discriminant ses enfants selon leurs origines ? », a-t-il martelé.

Angela Merkel et François Hollande ont tous deux déclaré que le terrorisme islamiste était le plus grand défi auquel faisait face l’Europe. Dans son discours annuel, la chancelière allemande a affirmé que 2016 avait été une année de « tests difficiles » – le plus dur ayant été les attentats terroristes « cruels et ignobles » perpétrés sur un marché de Noel à Berlin et ayant fait 12 morts et 20 blessés.

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François Hollande a quant à lui promis de prendre toutes les mesures nécessaires pour combattre le terrorisme. « Nous n’en avons pas terminé avec le fléau du terrorisme. Il nous faudra continuer à le combattre. À l’extérieur, c’est le sens de nos opérations militaires au Mali, en Syrie, en Irak […] et à l’intérieur pour déjouer des attentats, mettre hors d’état de nuire les individus dangereux et prévenir la radicalisation djihadiste. Mais soyez certains d’une chose, que de cette lutte contre la barbarie la démocratie sortira victorieuse », a-t-il ajouté.

L’Italie rajoute une pincée d’incertitude à l’UE

Lorsque Matteo Renzi a démissionné de son poste de Premier ministre de l’Italie début décembre suite à son échec au référendum sur la réforme constitutionnelle, de nombreux partis ont appelé à des élections anticipées.

Le Président italien, Sergio Matterella, a refusé et a préféré nommé l’ancien ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni pour qu’il forme un gouvernement. « Il est évident que dans certains moments, il est préférable de consulter les électeurs. Mais appeler les électeurs à voter lors d’élections anticipées est un choix très délicat », a-t-il expliqué.

Dans son discours pour la nouvelle année, Sergio Matterella a déclaré que le pays devait adopter une nouvelle loi électorale avant qu’un vote national ne soit organisé. « Nous avons besoin de règles électorales claires et efficaces pour que les électeurs puissent exprimer leur volonté et que celle-ci soit mise en œuvre dans un parlement élu… Aujourd’hui, ces règles n’existent pas », a-t-il commenté.

Même si la législature actuelle n’est censée se terminer que fin 2018, la plupart des partis, y compris le Parti démocratique de Matteo Renzi et le parti populiste Mouvement 5 Étoiles, réclament des élections en 2017, ce qui plongerait l’UE dans une plus grande incertitude.

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