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03/12/2016

Les socialistes européens veulent dégeler les relations avec Cuba

Politique

Les socialistes européens veulent dégeler les relations avec Cuba

Les Européens veulent plus que du rhum et des cigares, mais les États-Unis semblent peu enclins à ouvrir la voie à de véritables relations entre l’UE et Cuba. [Shutterstock]

Le chef de file du groupe S&D a appelé l’UE à mettre rapidement en place l’accord avec Cuba et a accru la pression sur les États-Unis pour lever les sanctions contre le pays des Caraïbes. Un article d’EurActiv Allemagne.

Gianni Pittella, le chef de file des sociaux-démocrates a appelé à la signature rapide de l’accord pour un nouveau cadre des relations entre l’UE et Cuba, suite à une réunion avec la vice-présidente de l’Assemblée nationale cubaine, Ana María Mari Machado.

Le 19 octobre, Gianni Pittella a déclaré qu’il fallait oublier le passé difficile et construire des « relations bilatérales constructives et équitables pouvant bénéficier aux Européens et aux Cubains ».

Le responsable italien a néanmoins souligné que cela n’allait pas être facile sans la bénédiction des États-Unis. Les sanctions de Washington contre Cuba sont un obstacle majeur aux efforts de l’Europe pour normaliser les relations et ne sont plus pertinentes. « L’embargo est une relique du passé et n’a plus aucun sens. Non seulement il pénalise les Cubains, mais aussi les entreprises européennes qui investissent à Cuba », a souligné Gianni Pittella.

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Fin septembre, la Commission européenne a adopté un projet de proposition pour une coopération économique et politique plus étroite avec le pays insulaire. La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a déclaré lors d’une rencontre avec son homologue cubain, Bruno Rodriguez, le 22 septembre, que les deux parties étaient arrivées à un « tournant décisif de [leur] relation ».

Le projet d’accord constitue la base d’un « dialogue politique intensif » et d’une coopération plus étroite sur des thématiques régionales et internationales, a déclaré Federica Mogherini en marge de l’assemblée générale de l’ONU à New York.

En mars, l’UE et Cuba s’étaient déjà accordés à reprendre leurs relations diplomatiques. Lors de la réunion à La Havane, les deux parties ont signé un décret qui servira de base pour un futur dialogue. Les négociateurs européens et cubains négocient la question depuis maintenant deux ans. L’issue des négociations a été annoncée juste avant la visite historique du président américain Barack Obama.

L’accord, qui doit maintenant être adopté par le Conseil des ministres, pourrait mettre fin à des dizaines d’années de relations glaciales entre l’UE et le gouvernement de Raúl Castro. Jusqu’à présent, les gouvernements européens sont restés éloignés de Cuba. La « position commune » de 1996 de l’UE rendait une approche bilatérale « impossible » jusqu’à ce que le régime change à Cuba. La Havane avait qualifié la position de simple interférence dans le fonctionnement interne du pays.

Depuis, le président de l’ancienne Commission européenne, José Manuel Barroso a commencé à s’ouvrir à Cuba au début de 2014. Le chef de l’exécutif a été photographié en train de sourire aux côtés du président cubain Raúl Castro lors d’un sommet UE-Amérique latine au Chili. Les États membres ont aussi semblé vouloir se débarrasser de l’héritage de la méfiance bilatérale.

En mai 2015, François Hollande a rendu visite aux frères Castro dans leur résidence à La Havane. Sigmar Gabriel, vice-chancelier allemand, a fait le déplacement en janvier. C’est le premier ministre de l’Économie allemand à se rendre à Cuba en dix ans.

Il semble néanmoins peu probable que les États-Unis soient prêts à faire des gestes symboliques pour lever le blocage en ouvrant le marché cubain aux Européens impatients. Les sanctions, qui datent de la Guerre froide, ne peuvent être levées que par le Congrés, qui pour l’instant ne rassemble pas la majorité à ce sujet.

Il y a quelques jours, Washington a annoncé que les sanctions seraient assouplies dans deux domaines. Un effort de coopération et d’échange sera fait dans le domaine de la science et un meilleur accès aux célèbres exportations cubaines – le rhum et les cigares – sera fourni.

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