EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

03/12/2016

La gauche se cherche un peu partout en Europe, y compris en Allemagne

Politique

La gauche se cherche un peu partout en Europe, y compris en Allemagne

Werner Faymann a été forcé à la démission en tant que chancelier autrichien et Sigmar Gabriel doit décider quelle voie prendra son parti en Allemagne [SPÖ/Flickr]

Au Sud de l’Europe, les électeurs historiques ont tendance à bouder le navire socialiste, tandis qu’au Nord ils se laissent tenter par les extrêmes, de gauche et de droite. Un article d’EurActiv Allemagne.

L’avenir n’est pas rose pour l’électorat socialiste européen. Lors des dernières élections en Pologne, les sociaux-démocrates n’ont récolté que 8 % des votes. En France, la cote de popularité du Président français François Hollande a chuté jusqu’à 12 % en juin dernier selon TNS Sofres.

En Autriche, le chancelier socialiste Werner Faymann, a été poussé à la démission. En Espagne, le PSOE a enregistré ses pires résultats depuis 1977 lors des élections de décembre et à seulement un an des élections générales, et les socialistes allemands sont aussi dans l’impasse.

Il n’est donc pas étonnant de voir les socialistes s’engager dans un débat controversé sur la direction à prendre. À travers le continent, les ténors appellent à « redorer l’image ». Reste à savoir comment. Parmi les options possibles, peu font consensus. Certains proposent de mettre le cap à gauche,  d’autres d’occuper le centre ou encore de mettre un frein aux politiques européennes.

>> Lire : La grande coalition en passe d’exploser au Parlement européen

Lors d’une conférence organisée à Berlin par l’aile gauche du SPD allemand, le président du Parlement européen, Martin Schulz, a demandé un engagement clair à l’Europe. « Les élections du Bundestag [élections fédérales allemandes] seront des élections pour l’Europe », a-t-il insisté. « Les défis qui nous attendent ne peuvent pas être relevés que par des initiatives nationales. »

Udo Bullmann, président du groupe d’eurodéputés du SPD, et Poul Nyrup Rasmussen, ancien Premier ministre du Danemark, sont aussi de cet avis. Ils encouragent l’Europe à tracer une voie qui permettra de sortir de l’impasse grâce à « un regain d’égalité, de solidarité et de paix ».

Le 18 octobre, ils ont publié une stratégie commune intitulée The Social Democracy To Come [la sociale démocratie du futur], dans laquelle ils appellent les sociaux-démocrates à travers l’Europe à mettre en place un nouveau paradigme, en s’appuyant sur « des politiques progressistes et transformatrices ».

Selon eux, la mondialisation ne devrait « plus être le terrain de jeu des multinationales », mais devrait être récupérée par les politiques et les citoyens. La sociale démocratie serait bien placée pour regagner du soutien via ce processus.

Le document stratégique appelle aussi à la mise en place de registres financiers mondiaux pour combattre l’évasion fiscale, à reconnecter le secteur financier et l’économie réelle et appliquer les normes internationales du travail.

En Allemagne, le changement de paradigme prendrait néanmoins une autre forme. Le SPD a déjà commencé à s’aligner avec Die Linke (le parti de gauche) et les Verts et ont ensemble commencé à discuter de la faisabilité d’une telle coalition. Selon le responsable SPD, Axel Schäfer, « il est temps de s’ouvrir à de nouvelles perspectives ».

Selon lui, environ 100 responsables de trois partis ont fixé un objectif commun pour « créer une majorité éloignée de l’union (CDU/CSU) » et installer un chancelier social-démocrate au pouvoir après les élections de l’automne 2017. En novembre 2013, la branche SPD de Leipzig avait déjà décidé que la coopération avec la gauche au niveau fédéral serait possible en 2017.

Mais tous les socialistes ne sont pas ravis de ce tournant vers la gauche, et certains sondages d’opinion montrent qu’une telle coalition ne rassemblera pas la majorité.

Frithjof Schmidt, des Verts, a quant à lui salué les discussions sur un rapprochement politique. Il a toutefois déclaré au journal Rheinische Post que son parti empruntait encore une « trajectoire indépendante ». Une alliance avec l’union au pouvoir n’a pas encore été exclue de leur point de vue.