EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

25/09/2016

Fabius quitte le Quai d’Orsay mais garde la présidence de la COP21

Politique

Fabius quitte le Quai d’Orsay mais garde la présidence de la COP21

Nommé à la tête du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius ne quittera pas totalement le Quai d’Orsay, puisqu’il y gardera un bureau comme président de la COP21, chargé pour quelques mois encore de suivre les négociations climatiques sous l’égide de l’ONU.

Au terme d’un accord mondial qui lui aura valu bien des louanges en décembre, l’ancien chef de la diplomatie française tient à garder cette « fonction internationale bénévole », qui aura marqué sa riche carrière, jusqu’au passage de relais avec le Maroc en fin d’année.

« Il n’y a pas d’incompatibilité juridique ou dans le temps » avec le Conseil constitutionnel, a-t-il redit le 10 février à des journalistes.

« Je crois avoir acquis à travers la COP à Paris une certaine notoriété pour faire avancer les choses, le travail n’est pas fini. Je vois beaucoup de raisons de conserver la fonction, et aucune de ne pas le faire ».

M. Fabius n’était pas le plus convaincu quand l’Élysée, en quête d’un événement international, a présenté en 2013 la candidature de la France à la COP21. Mais il s’y est mis, mobilisant le vaste réseau diplomatique français.

>> Lire : Jean-Paul Chanteguet: «Fabius doit rester à son poste en 2016 pour l’après COP21»

Ce pacte contre le réchauffement planétaire, qui réunit 195 pays, « est le plus haut accord que nous pouvions espérer », disait-il récemment. Mais « ce succès, il faut essayer de le transformer ».

« Il reste beaucoup de travail, et 2016 sera l’année des +4 P+ : la procédure de signature et ratification, les précisions à apporter à l’accord, la période pré-2020 (année d’entrée en vigueur de l’accord, ndlr) et la préparation de la COP22 » de Marrakech en novembre, dit-il.

Parmi les sujets à approfondir dès cette année, celui de la transparence des actions des États contre le réchauffement, notamment les mesures de réduction des gaz à effet de serre.

La communauté internationale s’est engagée à contenir le réchauffement « bien en deçà de 2°C » par rapport à l’ère préindustrielle. En parallèle, 188 États ont présenté des programmes d’actions, mais à ce stade, la somme des promesses, si elles étaient tenues, mettrait la planète sur une trajectoire de +3°C, aux impacts dévastateurs.

Dans cette mission, M. Fabius aura à ses côtés Laurence Tubiana, cheville ouvrière de la COP de Paris et chargée d’assurer son suivi.

Elle « joue un rôle important », a-t-il dit, précisant aussi qu’il aurait « un bureau au Quai d’Orsay ».

L’ONU accueillera le 22 avril à New York une réunion au sommet pour lancer la signature formelle du texte.