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09/12/2016

Faible mobilisation autour du mouvement Pegida

Politique

Faible mobilisation autour du mouvement Pegida

Un rassemblement Pegida, en Allemagne

[Metropolico.org/Flickr]

L’organisation islamophobe allemande Pegida a peiné à réunir des participants à son appel à la mobilisation, le 6 février. Mais les rassemblements ont souvent tourné à la violence.

Les rassemblements ont eu lieu en Allemagne à Dresde, ville où est né Pegida en 2014, aux Pays-Bas à Amsterdam, en République tchèque à Prague, en France à Calais, au Royaume-Uni à Birmingham ou encore à Varsovie en Pologne.

A Calais, une vingtaine de personnes ont été interpellées en marge de la manifestation, qui avait été interdite. 5 personnes devaient être entendues lundi 8 février en comparution immédiate, dont un ancien général de l’armée française.

Après s’être essoufflé début 2015, Pegida (Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident) a repris de l’ampleur après la décision de l’Allemagne d’accueillir plus d’un million de migrants l’an dernier et les agressions de jeunes femmes à Cologne lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, dont ont été accusés des migrants.

>>Lire : Pegida se lance à la conquête de l’Europe

Pegida estime que la politique d’accueil des réfugiés de la chancelière allemande Angela Merkel est un échec.

«Nous devons réussir à garder et à contrôler les frontières externes de l’Europe ainsi que ses frontières internes», a lancé Siegfried Däbritz, un membre de Pegida, devant la foule qui s’était rassemblée au bord de l’Elbe en scandant «Merkel doit partir!».

Un centre de collecte attaqué à Prague

La police n’a pas donné le nombre de manifestants. La presse allemande a cité le chiffre de 8.000 participants, soit nettement moins que les 15.000 personnes attendues par la police.

Une contre-manifestation avait été organisée dans les rues de Dresde, qui a rassemblé des centaines de personnes sous le mot d’ordre : «La solidarité au lieu de l’exclusion».

«Pas de place pour les nazis», pouvait-on lire sur certaines pancartes.

A Prague, plusieurs manifestations concurrentes organisées par les pro- et anti-Pegida autour de la capitale tchèque ont rassemblé 2.200 personnes selon les estimations.

La police tchèque a dû intervenir sur l’un des défilés, une vingtaine de personnes ayant jeté des bouteilles et des pierres sur des partisans des migrants.

Par la suite, une vingtaine d’agresseurs masqués ont attaqué un centre de collecte des dons pour les réfugiés. Ils ont lancé des cocktails Molotov. Le bâtiment a dû être évacué. Une personne a été blessée par des bris de verre, a indiqué la police.

A Varsovie, plusieurs centaines de personnes agitaient des drapeaux aux cris de «l’Angleterre et la France en pleurs, voilà comment finit la tolérance».

«Nous manifestons conte l’islamisation de l’Europe, nous manifestons contre l’immigration, contre une invasion», a lancé à la foule Robert Winnicki, chef du groupe polonais d’extrême-droite Ruch Narodowy (Mouvement national).