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04/12/2016

Nouveau dérapage de Robert Fico qui insulte des journalistes

Politique

Nouveau dérapage de Robert Fico qui insulte des journalistes

Robert Fico a réagi de manière disproportionnée aux allégations de la presse. [European Council]

[European Council]

A la tête de la présidence tournante du conseil de l’UE, le premier ministre slovaque  a traité des journalistes de « sales prostitués anti-slovaques ».

Le 23 novembre Robert Fico et son ministre des Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, ont fait face à des questions des journalistes sur les manoeuvres de la présidence slovaque pour financer des projets sans passer par la procédure d’appel d’offres normale.

Selon la lanceuse d’alerte Zuzana Hlávková, membre de l’équipe responsable des activités culturelles pour la présidence slovaque, au moins deux événements organisés ont été surfacturées, et des fonds ont été alloués à une agence proche du SMER, le parti de centre-droit de Robert Fico, deux semaines avant les élections.

Le gouvernement a réfuté ces allégations, qui ont largement circuler dans les médias.

« Sales prostitués anti-slovaques »

Miroslav Lajčák aurait déclaré que les accusations étaient en réalité une tentative de nuire à une présidence slovaque réussie, et que si quiconque prouvait qu’il avait enfreint la loi ou de grands principes moraux, il démissionnerait.

La réaction de Robert Fico a pour sa part été bien moins mesurée. « Certains d’entre vous sont des sales prostitués anti-slovaques, et je pèse mes mots », a-t-il martelé lors de la même conférence de presse, selon le Slovak Spectator.

« Il n’est pas possible que vous mentiez et nuisiez à la présidence slovaque de manière quotidienne », a-t-il poursuivi. Il a également qualifié les allégations de Zuzana Hlávková et la réponse médiatique qu’elles ont entrainée d’« attaque ciblée visant la présidence slovaque ».

La présidence slovaque du Conseil de l’UE se passait jusqu’ici plutôt bien. Les diplomates slovaques ont efficacement géré des sujets difficiles et se sont montrés plus ouverts vis-à-vis de la presse que nombre de leurs homologues.

La Slovaquie est également parvenue à éviter des querelles politiques internes durant sa présidence, et a suspendu ses positions très rigides sur l’immigration pour ses six mois de responsabilités européennes.

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Juste avant le début de la présidence de son pays, Miroslav Lajčák avait rassuré Bruxelles sur la volonté de Bratislava de ne pas se servir de cette période pour faire avancer ses propres intérêts, une promesse tenue.

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Considéré comme imprévisible, Robert Fico a cependant toujours représenté un risque, étant donné sa propension à faire des gaffes et à exprimer des opinions intolérantes sur les musulmans. Jusqu’ici les appels à sa radiation du Parti des socialistes européens n’ont toutefois pas aboutis.

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En août dernier, le Premier ministre avait diné avec le président russe, Vladimir Poutine, afin de faire du lobby pour la candidature de son ministre aux Affaires étrangères, Miroslav Lajčák, au secrétariat général de l’ONU. Le candidat slovaque a fait de son mieux, mais n’a jamais été perçu comme crédible à la tête de l’organisation, précisément à cause des positions anti-musulmans de Robert Fico.

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