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01/10/2016

Le FPÖ persiste à vouloir invalider les élections autrichiennes

Politique

Le FPÖ persiste à vouloir invalider les élections autrichiennes

Heinz Christian Strache continue coûte que coûte à contester les élections.

Lors des élections autrichiennes, certaines irrégularités ont été observées dans le décompte des votes postaux. Le parti d’extrême droite, le FPÖ, fait une montagne de la situation et continue à dire que le vote a été truqué. Un article d’EurActiv Allemagne.

Suite à la victoire du candidat indépendant Alexander Van der Bellen sur Norbert Hofer, du parti pour la liberté (FPÖ) lors des élections présidentielles, il n’a pas fallu longtemps avant que le chef de file du parti d’extrême droite, Heinz-Christian Strache, crie à l’injustice et remette en cause la légitimité des résultats de l’élection.

>> Lire : L’Autriche évite de justesse une présidence d’extrême droite

Le 8 juin, la cour constitutionnelle du pays s’est vue remettre un document de 150 pages réclamant l’invalidation des résultats. De fait, des failles dans la formation des fonctionnaires en charge de l’élection ont été enregistrées dans certains domaines, mais cela n’a pas affecté le vote des électeurs.

Sur un total de 113 circonscriptions électorales, le FPÖ considère qu’il y a eu des violations dans 94 d’entre elles. Le ministère de l’Intérieur a en effet reconnu qu’il y avait eu des lacunes dans les procédures. La plainte du parti d’extrême droite concerne 573 275 votes qui auraient été ouverts trop tôt.

Dans de nombreuses circonscriptions, il est normal que les votes postaux soient comptés au plus tôt, car la plupart des responsables des élections sont des volontaires, qui ne sont pas payés pour leur travail ce jour-là.

Par ailleurs, les résultats des 113 circonscriptions ont été approuvés et signés par les représentants du FPÖ.

Malgré tout, Heinz-Christian Strache continue de monter l’opinion publique contre les résultats afin d’obtenir un nouveau vote. L’ironie de la situation est que leur colère se concentre sur la question des votes postaux alors que c’est le FPÖ et le ÖVP qui ont mené une lutte acharnée il y a environ 30 ans pour instaurer cette pratique.

À partir de 1990, le vote depuis l’étranger a donc été rendu possible avec quelques limites et, en 2007, cette pratique est devenue encore plus généralisée.

Pour la plupart des experts sur les questions constitutionnelles, le décompte prématuré des voix n’est pas une raison suffisante pour organiser une nouvelle élection. Ils considèrent que « si le décompte a été fait trop tôt mais correctement, les résultats ne changent pas » ou encore que « le nombre et la gravité des violations ne sont pas assez élevés pour invalider les élections ».

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La date à laquelle Alexander Van der Bellen doit prêter serment, le 8 juillet, risque cependant d’être repoussée. La cour constitutionnelle a donc quatre semaines pour traiter les 150 pages de plaintes déposées par le FPÖ et y répondre. Si une décision n’est pas prise à temps, la présidence du Conseil national gouvernera le pays par intérim.

Curieusement, le candidat vaincu, Norbert Hofer est l’un des trois membres du Conseil, aux côtés de Dores Bures et Karlheinz Kopf. Dans ce cas, il pourra enfin occuper les fonctions qu’il a tant convoitées, même pendant une courte période.