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19/01/2017

François Hollande mobilise ses alliés dans la lutte contre Daesh

Politique

François Hollande mobilise ses alliés dans la lutte contre Daesh

François Hollande a engrangé le 23 novembre le soutien de Londres à sa lutte contre le groupe Etat islamique. Le président doit poursuivre cette semaine ses rencontres pour rallier des appuis auprès des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine. 

« Nous allons intensifier nos frappes (contre l’EI), choisir des cibles qui feront le plus de dégâts possible », a prévenu le président François Hollande, après une rencontre avec le premier ministre britannique David Cameron, qui marquait le début d’une semaine d’intenses contacts avec les partenaires permanents de la France au Conseil de sécurité de l’ONU.

M. Cameron a affirmé de son côté qu’il avait la « ferme conviction » que son pays, qui limite pour l’instant ses frappes à l’Irak, devait les élargir à la Syrie, ajoutant qu’il allait le demander jeudi à son Parlement.

Rencontre avec Obama, Poutine et Jinping

Pour convaincre les grandes puissances de s’allier pour « détruire » l’organisation jihadiste, à travers une coalition internationale « unique » contre l’EI en Syrie et en Irak, le président français met les bouchées doubles: il rencontre mardi à Washington Barack Obama, mercredi à Paris la chancelière allemande Angela Merkel, jeudi à Moscou Vladimir Poutine, et dimanche à Paris le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et Xi Jinping, le président chinois.

>>Lire : L’Espagne en alerte après les attentats de Paris

Des chasseurs-bombardiers embarqués sur le porte-avions français Charles de Gaulle ont frappé lundi l’EI en Irak, pour la première fois depuis le déploiement du navire en Méditerranée orientale. La France frappe déjà depuis fin septembre les positions de l’EI en Syrie avec des appareils basés au Moyen-Orient.

Entente parfaite

À Téhéran, le président russe Vladimir Poutine a pour sa part affiché avec le guide suprême iranien Ali Khamenei une entente parfaite pour rejeter toutes « tentatives extérieures de dicter » son avenir à la Syrie.

« Personne ne peut et ne doit imposer de l’extérieur au peuple syrien des formes quelconques de gouvernance de leur État ou dire qui doit le diriger. Ce n’est qu’au peuple syrien d’en décider », a déclaré M. Poutine, dans une fin de non-recevoir à la demande des États-Unis, de la France, de l’Arabie Saoudite et de la Turquie, qui exigent à terme le départ de Bachar al-Assad.

Selon Ali Khamenei, « le plan à long terme des Américains est de dominer la Syrie et ensuite prendre le contrôle de la région », et Bachar al-Assad « est le président légal et élu par le peuple syrien. »

Parallèlement à l’intensification des bombardements contre le groupe Etat islamique, qui a revendiqué les attentats de Paris (130 morts) et auparavant celui contre un avion civil russe (224 morts), les grandes puissances tentent de se mettre d’accord sur une transition politique en Syrie qui permette de mettre un terme à un conflit qui a fait depuis plus de 4 ans plus de 250.000 morts.

Le secrétaire d’État américain John Kerry est à cet égard en visite dans les Émirats arabes unis, pour discuter de la constitution d’une liste d’opposants syriens acceptables par les différentes parties, en vue d’éventuels pourparlers de paix avec le régime de Damas.

Que demander à Obama et Poutine ?

Selon un diplomate français, le président Hollande va demander à Washington d’accentuer encore ses frappes contre l’EI.

Les États-Unis ont effectué de 10 à 15 sorties par jour contre l’EI, comparées aux 250 frappes quotidiennes menées par l’Otan pendant la guerre du Kosovo en 1999, ou aux 110 sorties quotidiennes pendant l’invasion de l’Afghanistan deux ans plus tard, relève l’expert australien en contre-terrorisme David Kilcullen.

>>Lire : Merkel veut coopérer avec Poutine sur la crise syrienne

« À Poutine, c’est bien évidemment la détermination à aller taper l’EI » qu’il faut demander et non plus seulement les rebelles dits modérés qui menacent le régime de Damas, ajoute le même diplomate français.

Coalition unique

Si Paris a rejoint après les attentats l’idée russe exprimée dès septembre d’une coalition unique, la méfiance demeure sur les objectifs de Moscou, accusé de soutenir avant tout Bachar al-Assad.

Réunis à Vienne mi-novembre, une vingtaine de pays dont la Russie, les États-Unis, l’Iran et des pays arabes et européens se sont fixés comme objectif de parvenir à des pourparlers de paix et à un cessez-le-feu avant le 1er janvier. Mais les participants syriens aux négociations restent à identifier.

La communauté internationale parie sur la possibilité de réunir une coalition dominée par des opposants « modérés », qui serait capable d’engager des négociations de paix avec les loyalistes du régime pour parvenir à une solution politique en Syrie.