Guy Verhofstadt condamne l’échec de l’UE en matière de renseignement

Guy Verhofstadt [European Parliament]

Face à l’échec de la coopération européenne sur le volet de la sécurité, le leader des libéraux a appelle à la création d’une agence européenne de renseignement.

La création d’une agence de renseignement européenne, ainsi qu’un corps de garde-frontière et de garde-côte européens est plus urgente que jamais, a déclaré Guy Verhofstadt le chef de file du groupe des libéraux au Parlement européen (ALDE).

Participant seul à un débat – l’ancien ministre Arnaud Montebourg ayant annulé- le 18 novembre, à l’occasion des Journées de Bruxelles de l’Obs, l’homme politique belge a aussi insisté sur la situation en Syrie, en soulignant le fait que la France avait fait usage, pour la toute première fois, de l’article 42-7 du traité de Lisbonne.

Exercice de l’article 42-7

« L’exercice de l’article 42-7 est un précédent qui est passé un peu inaperçu, mais qui est fondamental. Auparavant on aurait mis en marche l’article 5 de l’OTAN, ou l’article 222 du traité de l’UE, qui concerne la sécurité intérieure » a expliqué le député européen.

Selon lui, l’exercice de cet article 42-7 implique nécessairement la mise en place d’une coalition européenne à laquelle d’autres États pourront participer.

>>Lire : Les Vingt-huit actionnent pour la première fois la clause d’assistance face au terrorisme

« Il y a eu un vrai tournant dans la crise en Syrie avec le bombardement d’un avion russe. La Russie a compris que le vrai défi n’était pas d’aider Bachar Al Assad, mais de lutter contre Daesh.

La coopération des services de renseignement mise en cause

Selon le responsable, « la coopération des services des renseignements est un échec. Après chaque drame, on constate que la coopération ne fonctionne pas. Donc soit on fait un échange obligatoire des renseignements, entre les systèmes nationaux, soit on crée une structure européenne ».

Guy Verhofstadt penche pour cette dernière solution, qui sera examinée lors du dernier conseil européen de l’année, en décembre. Pour l’heure, la Grèce et la Suède s’opposent encore au projet.

« Mais ces décisions, il faut les prendre ! Combien d’attentats et de drames devrons-nous subir pour qu’elles soient prises » s’est interrogé Guy Verhofstadt.

Les États européens pointés du doigt sur le PNR

Le projet de création d’un fichier des passagers aériens a aussi, en discussion depuis 2 ans au niveau européen, a aussi été appelé de ses vœux par le leader centriste.

« Notre groupe est d’accord, mais nous souhaitons un accord sur la protection des données en contrepartie ; si on récolte des données si facilement, il faut aussi les protéger » a-t-il assuré. La droite européenne au Parlement accuse les autres partis politiques de bloquer le projet.

>>Lire : Le fichage des passagers aériens franchit une étape au Parlement européen

Le projet actuel de PNR « à minima » sur la table propose de créer des fichiers nationaux, ce que M. Verhosftads condamne. « Même les Américains sont déçus ! C’est peu efficace de créer 28 fichiers, il en faudrait un seul. »

Au rang des réformes urgentes concernant les politiques européennes, le système d’asile a aussi été évoqué, Dublin II étant qualifié d’anti-européen. « Le fait que les pays riverains de la Méditerranée soient en charge de l’enregistrement de tous les réfugiés n’est pas solidaire, évidemment qu’ils ne le font pas, ils ne peuvent pas le faire » a assuré l’élu.